![]() La ligne de l'abonné est reliée - en empruntant le réseau des égouts à Paris - au central téléphonique du quartier, où une opératrice, en charge d'un pupitre d'une centaine de lignes, met en relation les abonnés. Il n'y a pas au début de numéro, le demandeur décroche son téléphone et demande son correspondant en donnant le nom de ce dernier à la demoiselle du téléphone. Les tarifs et conditions d'abonnement sont fixées par l'Etat: 600 Francs pour l'abonnement annuel à Paris et 400 Francs en province (fourniture de la ligne et de l'installation complète). On compte en 1880 3.039 abonnés à Paris et 1.812 en province, mais les différents réseaux urbains ne sont pas reliés entre eux. Les liaisons à grande distance restent en effet un problème tout d'abord technique puis financier. Au plan technique, la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, qui s'intéresse au téléphone pour remplacer ses télégraphes, se livre à des recherches et dès 1880 réussit une première transmission entre Paris et Saint-Quentin (140 kilomètres). L'amplificateur-répéteur n'existe pas encore et il faut utiliser du fil à forte section très lourd. Ce premier essai de liaison interurbaine est réalisé sur la voie ferrée qui passe entre Marest et Quierzy ... où il faudra attendre encore 40 ans avant l'arrivée du téléphone. Au plan financier, à partir de 1882, l'Administration des Postes et Télégraphes s'intéresse au téléphone de plus près. L'Etat crée un premier réseau à Reims puis à Roubaix-Tourcoing et à Saint-Quentin inauguré en décembre 1883. En 1884, les premières cabines publiques sont installées dans les bureaux de Postes. En 1885, l'Administration ouvre la première liaison grande distance entre Rouen et Le Havre. Le réseau interubain est aérien, il utilise les poteaux du télégraphe. Il en coute une taxe de 1 Franc pour cinq minutes de conversation. L'année suivante, l'Etat fait construire des lignes entre Paris et Reims puis Lille, Roubaix-Tourcoing, ... En 1887, arrive la première liaison internationale entre Paris et Bruxelles. Il en coute une taxe de 3 Francs pour cinq minutes de conversation. En 1889, les concessions de 5 ans, accordées en 1879 et renouvelées en 1884, arrivent à leur terme et après 10 ans d'exploitation, l'essort du téléphone est considérable, il y a 11.440 abonnés en France (195.000 aus USA). Face à la nécessité de mettre en place un service centralisé, l'Etat nationalise le réseau du téléphone. Tandis que la Société Générale des Téléphones poursuit la fabrication et la location de ses appareils aux usagers, l'Administration des P&T entreprend d'attribuer à chaque abonné un numéro. Ce premier plan de numérotation prévoit un numéro à cinq chiffres à Paris où il y a plusieurs centraux téléphoniques. Ainsi, le 8e abonné du 2e standard du central de Wagram se voit attribuer le 502-08. Le premier chiffre désignant le central de rattachement, les deux suivants le standard et les deux derniers l’abonné parmi la centaine de lignes de chaque standard ou pupitre. Lorqu'il n'y a qu'un central, le numéro est de un à quatre chiffres. Un annuaire des abonnés est édité et à partir de 1897, il demandé aux usagers d’annoncer à l’opératrice le numéro et non plus le nom du correspondant, ce qui souleva nombre de protestations. Ce n'est qu'un début ... L'Etat n'accorde pas en effet les moyens financiers nécessaires au développement du téléphone faisant appel au systèmes des avances remboursables. Les communes et les départements doivent avancer les coûts d'installation et d'entretien du réseau que l'Etat rembourse avec le produit des communications. Dans le même temps, la diminution du tarif de l'abonnement de 600 à 400 Francs à Paris et de 400 à 300 Francs en province augmente le nombre des abonnés. Les villes, où les abonnés sont peu éloignés, parviennent à s'équiper rapidement. Les avances empruntées auprès des banques sont remboursées après quelques années d'exploitation seulement. Mais au delà du réseau urbain, la ligne vers Paris, quand elle existe, est vite saturée entrainant parfois des heures d'attente, ce qui constituera un frein au développement des réseaux urbains eux-mêmes. Dans les campagnes, où vit la majorité de la population française, la sitution est encore plus compliquée. Les abonnés sont plus dispersés, le réseau y est moins dense mais plus coûteux à mettre en place alors même qu'il y a moins de moyens. La ligne vers la ville la plus proche, qui va elle même vers un centre plus important et ainsi de suite, est aussi couteuse à mettre en place que difficile d'accès et souvent de mauvaise qualité. Rapidement, les recettes du réseau ne sont en effet plus affectées au remboursement ou au développement des installations mais simplement empochées par l'Etat. A la veille de 1914, il existe une multitude de petits réseaux sans plan d'ensemble. Les grèves des agents des P&T en 1906 et 1909, l'incendie du central Gutemberg à Paris en 1908, qui prive le centre de la capitale de téléphone pendant six semaines, les inondations de 1910, qui endommagent gravement le réseau parisien, font naître de nombreuses critiques sur les méthodes budgétaires en vigueur et les compétences techniques des ingénieurs de l'Administration. Maigre consolation en 1912, les abonnés parisiens voient le numéro du central remplacé par son nom. Ainsi, le 502-08 devient Wagram 02-08. C'est dans ce contexte qu'est entreprise, avec 20 ans de retard sur les Etats-Unis, l’automatisation des centraux français, qui fera disparaître les demoiselles du téléphone au profit du cadran d'appel. Débutée en 1913 à Nice, l’automatisation des centraux français est immédiatement interrompue par la guerre et ne sera totalement achevée qu'en 1979. Dans l'immédiat, les priorités sont ailleurs mais du fait de la rareté des lignes interurbaines, le commandement éprouve à son tour bien des difficultés à établir les communications vitales avec ses unités réparties sur un front allant de la Suisse à la Mer du Nord. Quand les soldats américains arrivent en France en 1917, ils doivent faire appel à leur service de transmission pour construire les lignes dont ils ont besoin. Aux Etats-Unis, la liaison de l'Atlantique au Pacifique est achevée depuis 1915 et au moment de l'Armistice, tandis que les américains téléphonent couamment de Brest à Coblence pour des questions d'intendance, Clémenceau à Paris et Foch à Rethondes, près de Compiègne, ne peuvent se joindre sans difficulté. En construction ...
Malgré ses différentes modifications, le plan de numérotation téléphonique français reste basé sur la localisation géographique de l'abonné d'un poste fixe. La numérotation actuelle à 10 chiffres mise en place en octobre 1996 comporte en effet après le numéro de l'Exploitant, un numéro pour la Zone géographique puis deux pour la Zone départementale, deux pour le Centre d'acheminement puis quatre pour l'Identifiant de l'abonné (on parle de codage E Z AB PQ MCDU). Aux débuts de l’exploitation du téléphone en France, en 1879, l’abonné était enregistré par son nom auprès de l'une des trois sociétés privées gérant chacune son propre réseau. Il suffisait à l'abonné de décrocher son poste et demander à l'opératrice du central de le mettre en relation avec son correspondant en indiquant simplement le nom de ce dernier. 1897, un numéro à cinq chiffres Par la suite, les trois réseaux téléphoniques privés fusionnent en une société unique, la Société Générale des Téléphones, qui est nationalisée en 1889. On compte alors 11.314 abonnés, dont 6.425 à Paris. Il est donc décidé d'attribuer un numéro à chaque abonné. Ce premier plan de numérotation prévoit un numéro à cinq chiffres ; le premier désignant le central de rattachement, les deux suivants le standard et les deux derniers l'identifiant de l’abonné parmi les 99 lignes de chaque standard. Un annuaire des abonnés doit donc être édité et à partir de 1897, il demandé aux usagers d’annoncer à l’opératrice le numéro et non plus le nom du correspondant, ce qui souleva nombre de protestations. 1912, quatre chiffres Maigre consolation en 1912, les abonnés parisiens voient le numéro du central remplacé par son nom. Ainsi, le 25e abonné du 12e standard du central Gutemberg se voit attribuer le numéro Gutemberg 1225 au lieu du 11225. On parle alors de numéros alphanumériques (lettres + chiffres). Dans les communes moins peuplées, l'abonné possède selon le même principe un numéro de 1 à 4 chiffres ; le 22 à Asnières est le 22e abonné de l'unique standard du central d'Asnières. Le 40.15 à Marseille est le 15e abonné du 40e standard du central de Marseille. L'automatique Avec 20 ans de retard sur les Etats-Unis, l’automatisation des centraux français est engagée en 1913 à Nice, elle s'achèvera en 1979. Les premiers standards automatiques de Nice sont installés sans changement de numéro, à 4 chiffres donc. Dans le cas des numéros parisiens notamment, on prévoit à partir de 1926 de doter les terminaux d’un nouveau cadran associant des lettres aux chiffres permettant de composer les numéros alphanumériques ! Fin 1928, lors de la mise en service du premier autocommutateur parisien, il faut désormais composer les trois premières lettres du bureau souhaité, par exemple PAS pour joindre un abonné dépendant du central Passy. En 1946, selon un nouveau plan de numérotation, l’abonné disposait d’un numéro en deux parties. La première était constituée d’un indicatif de série à deux caractères dans le cas général (identifié PQ pour préfixe quantitatif) et à trois caractères pour la région parisienne. Dans les réseaux urbains des très grandes villes, le nom des centraux a été conservé, l’abonné devant en composer les deux ou trois premières lettres. En province, l’indicatif de série correspondait au nom de la ville. La deuxième partie du numéro, quatre chiffres (MCDU) désignant l’adresse de l’abonné dans le commutateur, individualisait l’abonné. Pour sortir de sa zone de numérotation régionale, l’abonné devait composer le 16 (indicatif de l’interurbain automatique national), puis le numéro à deux chiffres caractéristique du département ou groupe de départements demandé, suivi du numéro à six chiffres. En 1953, la France renonce à l’emploi de lettres pour la numérotation, sauf pour la région parisienne, qui perdra cette spécificité le 1er octobre 1963. Le plan de 1946 ayant montré ses limites, on définit un nouveau plan de numérotation en 1955. Malgré des aménagements successifs, ce plan est arrivé à saturation au milieu des années 80. Une grande réforme s’imposait, mais il a fallu procéder par étapes pour tenir compte du déploiement progressif des commutateurs électrotechniques. En 1985, on a décidé de découper la France métropolitaine en deux zones : dans chacune l’abonné bénéficiait d’un numéro régional à 8 chiffres, mais en Ile-de-France s’ajoutait un préfixe de zone, le 1, contrairement au reste du pays. On conservait le 16 comme préfixe interzones. Ce nouveau plan de numérotation, qui entrera en vigueur le 25 octobre 1985, constituait une transition devant conduire au plan actuel, conforme aux normes internationales E/164, opérationnel depuis le 18 octobre 1996. En dehors de l’Ile-de- France conservant son indicatif régional 1, le territoire national a été découpé en quatre zones auxquelles on a attribué les chiffres, 2, 3, 4 et 5, chacun étant précédé du préfixe interzones, le 0. A ces deux premiers chiffres (EZ), il fallait ajouter les huit autres (AB PQ MC DU) identifiant l’abonné. A ce plan national de numérotation dont la gestion a été confiée à l’ART par la loi de réglementation des télécommunications de 1996, s’est superposé un plan de numérotation européen, l’ETNS (European telephony numbering Space) dont les numéros sont accessibles, via un préfixe international unique, à partir des 49 pays membres de la CEPT (voir ci-contre). Outre cet élargissement géographique de la numérotation téléphonique, on assiste, en raison de la convergence des technologies, à un élargissement des supports réseaux. En effet, pourquoi ne pas disposer d’un même numéro ou d’une même adresse pour joindre un correspondant, soit sur le réseau téléphonique, soit sur le réseau Internet ? Faire communiquer des terminaux appartenant au monde des télécommunications et ceux de l’Internet, c’est-à-dire faire correspondre le système de numérotation du réseau téléphonique et le système de nommage de l’Internet, c’est le but d’ENUM, le système développé par l’IETF (Internet Engineering Task Force), l’organisme de standardisation de l’internet. (voir page 4). Le plan de numérotation national a connu bien des évolutions depuis sa mise en place et son histoire montre que sur le métier, il faut cent fois remettre l’ouvrage. l'abonné était référencé de manière alphanumérique par commune ; le 22 à Asnières ou par central pour les communes de plus de 1000 lignes ; BALzac 00 01 pour une célèbre agence publicitaire parisienne. Le passage à l'automatique impose un plan exclusivement numérique (à base de chiffres) et la correspondance avec le nom du central téléphonique disparait sauf à Paris ; BALzac 00 01 devient 225 00 01. Le 22 à Attigny devient XX 00 22 .
dans les années 1950-60 s'est fait sur le standard suivant :
Dans les années 70, le plan a subi quelques modifications pour pallier des pénuries locales de numéros :
L'indicatif interurbain 15 a disparu à la fin des années 70 afin de créer un numéro unique pour les urgences médicales (SAMU) au milieu des années 80, sur le modèle de la police (17) ou des pompiers (18). Le 25 octobre 1985, un nouveau plan a pris effet pour pallier une pénurie nationale de numéros :
ace à l'explosion de la demande de numéros liée à la démocratisation du fax et de la téléphonie mobile, France Télécom développa un nouveau plan, mis en œuvre le 18 octobre 1996 à 23 heures. Tous les numéros (sauf cas particuliers ci-dessous) étaient standardisés à 10 chiffres :
http://pagesperso-orange.fr/fredouille/ |