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1939-1945

Durant la dernière guerre, Quierzy connaît les importants combats de mai-juin 1940, une résistance particulièrement active avant d'être libéré début septembre 1944.

 Les combats sur le territoire de la commune à proprement parler 

La "drôle de guerre" | Les Panzers dans l'Aisne | L'exode | Combats sur l'Ailette | L'occupation
La Résistance | La Libération | Carte

 

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La "drôle de guerre"

Jeudi 24 août 1939, en plein été, les réservistes sont à nouveau rappelés du fait de la situation en Pologne. Mais cette fois aucune négociation n'aboutit. Une semaine plus tard, les affiches décrétant la mobilisation générale pour le samedi 2 septembre 1939 sont placardées.

Quierzy fait partie en 1939 de la 2e Région Militaire (RM), Q.G. à Amiens, Groupes de Subdivisions de Laon.

La 2e Région Militaire comprend en 1939, outre les départements de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme, des parties frontalières des départements du Nord et des Ardennes, plaçant ainsi sous la responsabilité de la 2e Région Militaire la défense de la frontière franco-belge de Trélon (Nord) à Pont-à-Bar (Ardennes, près de Sedan), sur approximativement 80 kilomètres. Cette partie des défenses aux frontières faisant face aux Ardennes à l'est est dénommée Secteur Défensif des Ardennes. 

Protégé au nord par les places fortes belges, à l'est par la vallée de la Meuse et le massif des Ardennes, obstacles jugées alors infranchissables, ce secteur est considéré comme secondaire et ne fait l'objet d'aucune attention particulière de l'état-major français. Il est confié en 1937 au général Corap (ce n'est pas vraiment une promotion pour l'intéressé, rappelé du Maroc). 

Après le retour à la neutralité de la Belgique en 1936, l'édification de quelques fortifications de campagne y a certes été entreprise, mais l'idée principale du haut commandement reste, en cas d'agression allemande par la Belgique, de porter les défenses alliées en territoire belge, sur la coupure de la Dyle notamment, position jugée plus favorable à un combat défensif que la frontière, où les combats furent sanglants en 1914 ...

Les principales unités stationnées en temps de paix dans la région sont le 51e Régiment d'Infanterie (Amiens, Beauvais), le 67e Régiment d'Infanterie (Compiègne, Soissons), le 91e Régiment d'Infanterie (Mézières), le 1er Régiment d'Artillerie (Laon), le 301e puis 42e Régiment d'Artillerie Portée (La Fère), le 4e Régiment de Spahis Marocains (Senlis), le 6e Régiment de Spahis Algériens (Compiègne), le 22e Escadron puis 3e Escadron du 3e Groupe puis 6e Groupe d'Auto-Mitrailleuses de Cavalerie (Compiègne), la 2e Compagnie Mixte du Train des Équipages (Amiens, Camp de Sissonne) et le 1er Régiment d'Aérostation (Compiègne)., ... 

Au sein de la 2e RM, ces unités d'active constituent en temps de paix :

- la 3e Division d'Infanterie Motorisée, Amiens, Général Bertin - Boussus (51e, 67e, 91e RI, 42e RA, 6e Groupe d'Auto-Mitrailleuses de Compiègne, ...), qui s'illustrera notamment à Stonne (Ardennes) du 15 au 25 mai 1940. 

- la 1e Brigade de Spahis, Compiègne, Colonel Jouffrault (4e RSM et 6e RSA), qui effectue en temps de paix de superbes escortes officielles et fantasias dans toute la France, s'illustrera notamment à Annonay (Ardèche) du 21 au 23 juin 1940. 

- le 3e Groupement de Cavalerie, Amiens (7e Régiment de Chasseurs à Cheval, Evreux, 6e Groupe d’Auto-Mitrailleuses, Compiègne et 7e Groupe d’Auto-Mitrailleuses, Saint-Omer. Le 6e GAM, bien connu pour ses exploits sportifs, devient le 6e GRDI (AMD Panhard 178 et AMR P 16) rattaché à la 3e DIM.

A la mobilisation, les réservistes complètent les unités d'active et forment des unités de réserve (4e DI, ...) 

La Ligne Maginot dans l'Aisne

La Ligne Maginot s’étend sur toute la longueur des frontières du nord face à la Belgique, du nord-est face au Luxembourg et à l’Allemagne et du sud-est de la métropole face à la Suisse et à l’Italie. 
Au nord-est du département de l'Aisne vers Hirson, la frontière franco-belge fait donc partie
de la Ligne Maginot, qu'on appelle aussi Ligne Daladier, car construite après le retour à la neutralité de la Belgique en octobre 1936. Les fortifications entre Trélon (Nord) et Givet (Ardennes) sont confiées en temps de paix au 24e Corps d'Armée de la 2e Région Militaire, qui en assure la construction (Gal Barbeyrac de Saint-Maurice, M., François, A., R. Gal de div. en 1931). Elles passent après la déclaration de guerre sous les ordres du Détachement d'Armée des Ardennes puis de la 9e Armée en janvier 1940. 
Nombre de casemates "Barbeyrac" sont toujours visibles dans la forêt de Saint-Michel. (carte sur cartomaginot.com)
Un autre Gal 
Barbeyrac de Saint-Maurice (Maurice, P., R., gal en 1937) vient dans l'Aisne en mai 1939 à la tête de la 87e Division d'Infanterie d'Afrique affectée au 24e Corps d'Armée.
 

Alors que les hommes rejoignent leur unité, on apprend que les troupes allemandes sont entrées en Pologne. Dimanche 3 septembre, la guerre est déclarée.

La France entre en guerre à reculons pour honorer ses engagements envers la Pologne. Le mot n'est même pas prononcé. Le Président du Conseil Daladier demande le vote de crédits "pour faire face aux obligations de la situation internationale". Le pays reste en effet traumatisé par le souvenir de la Grande-Guerre et une sorte de "pacifisme" domine. Pour le gouvernement, l'entrée en guerre de la France suffira à dissuader Hitler de poursuivre. 

Pour les militaires, il n'est pas non plus question d'offensive décisive et meurtrière : la stratégie défensive dominante est fondée sur le postulat que nul ne pourrait percer les défenses françaises de la Ligne Maginot.
 

L'activité militaire est intense dans le département. Une fois sur le pied de guerre, presque toute l'Armée Française va prendre rapidement position le long des frontières nord et nord-est. Le Secteur Défensif des Ardennes est alors pris en charge par le Détachement d'Armée des Ardennes (même pas une armée), mis sur pied par la 2e Région Militaire et sous le commandement du général Corap

Au 2 septembre au soir, le dispositif du DAA est le suivant : 

- 4e DI en position sur la frontière au nord-est du département à cheval sur sur l'axe naturel vers Paris que forme la vallée de l'Oise, 
- 3e DIM 
à droite de la 4e DI, la toutes deux faisant partie du 2e CA,
- 1e DC
en arrière au nord-est de Laon,
- 12e DIM au sud-ouest de Laon,
- 52e DI à droite de la 3e DIM, entre Monthermé et Sedan. 

La 3e DIM est par la suite relevée par la 7e DI qui prend en charge la rive gauche de l'Oise et la 4e DI la rive droite. 

A la gauche du Détachement d'Armée des Ardennes, la 1e Armée Blanchard, qui tient la frontière belge jusqu'à la mer, a sa 2e DIM avec un Corps de Cavalerie dans la région de St-Quentin, au nord-ouest du département. Par la suite, le PC de la 1e Armée s'installera à Bohain (Aisne), à 20 km au nord-est de St-Quentin.

L'Etat-Major du Général Billotte commandant le 1er Groupe d'Armées (1e, 9e et 2e armées) établi de Montmédy dans la Meuse à la mer du Nord, s'installe à la verrerie de  Folembray, à une quinzaine de kilomètres de Quierzy. 

Fin septembre le PC de la Zone d'Opérations Aériennes Nord s'installe à Chauny.

A l'automne, la 15e Division d'Infanterie Motorisée (Dijon), une des meilleures divisions de l'armée française, commandée par le Gal Juin (futur Maréchal), dont le PC est à Chauny, vient cantonner dans la région. La 15e DIM fait partie de la 1e Armée. Quierzy accueille des Sapeurs-Mineurs du Génie (10e Génie ?). Le général Juin vient à Quierzy assister à la première messe de l'abbé Dorier, ordonné prêtre depuis peu. 

Même si la Pologne a été écrasée en quelques semaines, chacun espère encore ; Hitler n'attaquera pas la France, il ne va pas supporter longtemps les sanctions économiques prises à son encontre, les Allemands ne vont pas le laisser faire ce qu’il veut et vont rapidement l’éliminer ... et puis il y a la Ligne Maginot et qui pourrait douter de la préparation de notre Armée à la vue de ses unités modernes dont l'équipement s'améliore chaque jour.

Chaque semaine des manoeuvres sont organisées. Quelques permissions agricoles sont accordées et l'hiver passe ainsi.

En décembre 1939, Billotte, qui dirigera la manœuvre Dyle-Breda le 10 mai 1940, tirant les leçons de la campagne de Pologne, adresse un rapport à ses supérieurs, Gamelin et Georges, sur l'emploi de l'arme blindée. Il souligne que la nature du terrain peu propice à la défense, la pauvreté des fortifications et le manque d'armes antichars ont entrainé la rapide victoire allemande en Pologne. Il fait le rapprochement avec la situation de la Belgique qu'il juge similaire. Il indique aussi que "numériquement et techniquement, notre supériorité sur les cinq divisions blindées allemandes ne fait pas de doute. Mais que tactiquement ce n'est pas vrai puisque nous n'avons que trois divisions mécanisées à leur opposer." Il foncera néanmoins tête baissée dans le piège belge malgré les avertissements de ses généraux (Blanchard, Giraud, Prioux).
 

En janvier 1940, le Détachement d'Armée des Ardennes devient la  9e Armée (Gal Corap).

En mars 1940, sur l'initiative d'Anne Morgan (v. chapitre sur 14-18) un centre de récréation pour soldats a été ouvert à Autreville ; "un antidote contre l'ennui et le découragement."


L'attaque allemande

Le 9 mai 1940 au soir, se trouvent sur la frontière franco-belge à la 9e Armée :

A gauche formant le 11e CA :
- la 4e DLC rive droite de l'Oise,
- la 4e DINA sur l'Oise
- la 18e DI à sa droite,
- la 5e DIM à l'est de Guise
- la 1e DIM à l'ouest de Noyon.

A droite  le 41e CA :
- la 61e DI à gauche,
- la 102e DIF à droite sur la Meuse,
- la 1e DLC en arrière, de la 61e DI,
la 22e DI en arrière de la 1e DLC,
- la 53e DI en arrière de la 102e DIF.

6e, 32e, 33e BCC en soutien. 11e DINA vers la Ferté-Milon, 3e DCR dans la région de Reims.

Dans le nord et l'ouest du département à la 1e Armée (
rives nord de l'Iron ? et ouest de l'Oise) :

Au nord de la 5e DIM, derrière la 5e DINA (Avesnes) : 2e DLM (Wassigny), 39e BCC.
En arrière, rive ouest du canal de la Sambre : PC de la 1e Armée à Bohain, 12e DIM à l'ouest de Guise (Fieulaine), 38e BCC, Corps de Cavalerie vers St-Quentin, 15e DIM (Chauny).  

Situation au 10 mai 1940Vendredi 10 mai 1940, les allemands attaquent la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg (Plan jaune). La surprise est totale ... en fait, le commandement allié précisément informé n'y croyait pas. Nombre de permissions ont été accordées pour la Pentecôte (20% de l'effectif) ! En début de matinée, après une attente de 8 mois, les meilleures unités alliées (7e et 1e Armées françaises, corps expéditionnaire britannique) sont envoyées en nombre dans la plaine belge où, selon les plans alliés, l'attaque principale allemande est attendue (Opération "Breda-Dyle").

La 15e DIM (IVe Corps d'Armée) avance immédiatement avec la 1e Armée Blanchard vers Cambrais et la Belgiqur (manoeuvre Dyle). Elle contre-attaquera victorieusement vers Gembloux en Belgique le XVI. PanzerKorps Hoepner (3. et 4. PanzerDivisionen les plus au nord du dispositif allemand). 

L'aile gauche de la 9e Armée passe la frontière belge le 10 mai au matin pour couvrir (à sa gauche) la progression de la 1e Armée et aller tenir la rive ouest de la Meuse de Namur à Givet. Sur la Meuse, la 9e Armée doit également relier à sa droite, la 2e Armée Huntziger défendant Sedan et ses environs jusqu'à la ligne Maginot. 

Il reste à la 9e Armée pour l'essentiel des réservistes peu entrainés et mal équipés qui vont s'établir en direction de l'est sur la Meuse face aux Ardennes :

- la 5e DIM (active, Caen) au nord, région sud de Namur, derrière la 4e DLC qui va franchir la Meuse,
- la 18e DI, région de Dinant, à leur droite, derrère la 1e DLC qui va franchir la Meuse,
- la 22e DI et la 61e DI à droite,
- la 102e DIF restée en place au sud, région de Monthermé jusqu'à l'ouest de Sedan derrière la 3e BS qui va franchir la Meuse

Le PC du Gal Corap est à Vervins, suivant les schémas de l'autre guerre "à la poignée de l'éventail", à plus de 70 kilomètres du front.

La pauvre 9e Armée

Les 18e et 22e DI doivent parcourir, à pied pour la plupart des unités, une centaine de kilomètres sur des routes encombrées de réfugiés et bombardées sans relâche par la Luftwaffe. Le 12 mai au soir, seules quelques unités d'avant-gardes ont pris position sur la Meuse.

Le front de la Meuse et des Ardennes se trouve dès lors tenu entre Namur et Montmédy par des unités (9e Armée au nord et 2e Armée au sud) mal équipées et composées en majorité de réservistes. A la 9e Armée, la proportion d'officiers d'active est dérisoire ; 3 ou 4 par régiment  en dehors des chefs de corps et des chef de bataillon à la 18e et 22e DI, peu d'armes modernes ; trois batteries de DCA pour 105 kilomètres de front, deux bataillons de chars légers modernes Renault R35 et un bataillon de FT17 de 14-18 soit 153 chars armés de canons de 37 inopérants contre les Panzers (face à 4 PanzerDivions totalisant 976 chars modernes), déficit en canons antichars ; il manque 131 canons de 25 à la 9e Armée et le canon de 47, détenu par l'artillerie, est derrière l'infanterie. Tous deux sont tractés par des chevaux ; les 6 divisions de la 9e Armée possèdent au total 149 canons antichars (il y en a 72 par division chez les allemands).

La disproportion des forces en présence est quasiment identique à la 2e Armée. Ne
pouvant compter, à défaut de fortifications suffisantes, de soutien aérien, que sur une artillerie de soutien, le secteur de la 9e et 2e Armée constitue le point le plus faible du dispositif français avec le secteur de Sedan à la jonction de 2 armées entre lesquelles les communications sont comme partout difficiles. Gamelin n'est pas inquiet ; Pétain affirme depuis des années qu'aucune grande unité blindée ne peut traverser le massif accidenté et boisé des Ardennes. Il lui faudrait ensuite encore huit jours pour traverser la Meuse et puis l'attaque, la vraie, doit avoir lieu plus au nord en Belgique.

Pourtant, l'armée françaises va se battre partout jusqu'au bout de ses faibles moyens contrairement à la légende toujours tenace véhiculée à l'origine par ceux qui tentèrent de faire oublier leurs propres responsabilités.


Les Panzers dans l'Aisne

A la mi-mai 1940, après avoir franchi les Ardennes, les 5 divisions blindées allemande du Groupe blindé Kleist, regroupant près de 1.400 chars et constituant le gros de l'attaque, traversent la moitié nord du département de l'Aine, harcelée notamment par la 2e et la 4e Division Cuirassée française, cette dernière commandée par le Colonel de Gaulle contre-attaquant à Montcornet et Crécy-sur-Serre. 

12 mai, les allemands sont sur la Meuse

On ne sait rien des opérations militaires mais en 3 jours, malgré l'envoi de trois Divisions Légères de Cavalerie françaises (divisions "essence-picotin" car composées d'une Brigade à Cheval et d'une Brigade Légère Motorisée) en avant des 9e et 2e Armées, les XV., XXXXI. et XIX. PanzerKorps du puissant Groupe d'Armée A du Gal von Rundstedt regroupant sept divisions blindées ; 1.900 chars, et une trentaine de divisions d'infanterie traversent les Ardennes. Les Panzers sont clairement repérés par l'aviation et la cavalerie françaises, mais pour l'état-major français, il ne peut s'agir que d'une diversion, l'attaque principale doit avoir lieu au nord dans la plaine belge.

Ce n'est pas pour autant une promenade de santé pour les allemands comme on l'a souvent dit. Le 10 mai, la résistance des Chasseurs Ardennais belges à Bodange est acharnée face à la 1. PzD stoppée pendant presque une journée. La 5e DLC française avec 12 chars sans canon moderne et 22 automitrailleuses combat également courageusement à Neufchateau le 11, toujours face à la 1. PzD et ses 259 chars. Les cavaliers français pauvres en moyens antichars et combattant en front continue ne peuvent que reculer pour éviter d'être tournées. Le 12 mai, dimanche de Pentecôte, au soir, au 3e jour de l'offensive allemande, la cavalerie française repasse la Meuse. Ayant parcouru 130 kilomètres depuis la frontière germano-luxembourgeoise pour Guderian et Reinhard, les sept PanzerDivisionen (PzD) des trois PanzerKorps (PzK) du HeeresGruppe A atteignent la Meuse de Dinant à Sedan (du nord au sud) :
    
    XV. PzK Hoth  (5. PzD, 7. PzD vers Dinant
      XXXXI. PzK Reinhardt      (6. PzD, 8. PzD vers Monthermé
      XIX. PzK Guderian  (2. PzD, 1. PzD, 10. PzD)       vers Sedan

En face, la 9e Armée française s'installe toujours. Sa 18e Division d'Infanterie (2e Corps d'Armée) vient de parcourir une centaine de kilomètres à pied en trois jours. Elle se retrouve étirée sur un front de 20 kilomètres au sud de Dinant (alors que le secteur théorique pour ce type d'unité est de 5 à 6 kilomètres), où rien n'a été préparé par les belges. Elle a devant elle les 5. et 7. (Rommel) PanzerDivisionen regroupant 546 chars.

Plus au sud, dans le secteur de Monthermé, toujours sur la Meuse, la 102e Division d'Infanterie de Forteresse (41e Corps d'Armée de Forteresse) se trouve étirée sur près de 40 kilomètres dans un secteur ... pratiquement dépourvu de fortification. Elle en face d'elle les 6. et 8. PzD du XXXXI. PzK Reinhardt. La 102e DIF assure au sud de Mézières la liaison avec la 55e DI de la 2e Armée.

La 55e DI (réserve de série B) est pareillement engagée dans le secteur de Sedan. L'attention de Hutzinger a été attirée en vain en mars sur la faiblesse des défenses par le député Pierre Taittinger. La 55e DI fait face au plus gros de l'attaque allemande ; trois divisions blindées, environ 800 chars des 2., 1. et 10. PzD du XIX.PzK commandé par Guderian en personne.

Le génie fait sauter les ponts une fois les cavaliers rentrés sur la rive ouest. Le commandement français reste optimiste ; La Meuse est large, il faudra aux allemands encore huit jours au moins pour traverser et puis, "les chars ça ne nage pas". L'esprit "drôle de guerre" reste de mise côté français.

Au soir du 12 mai, Guderian donne ses ordres :
- La 1. PzD, chargée de l'effort principal, franchira la Meuse entre Claire et Torcy, traversera la première position française et s'emparera des hauteurs du sud pour atteindre la ligne Chémery-Chaumont.
- La 2. PzD traversera la Meuse à Donchéry, pivotera à 90° vers l'ouest et se portera au-delà du Canal des Ardennes.
- La 10. PzD franchira la rivière entre Sedan et Bazeilles et occupera les hauteurs entre Pont-Maugis et Noyers-Pont-Maugis.

13 mai, les allemands attaquent sur la Meuse
 
Le 13 mai tôt le matin, des centaines d'avions de la Luftwaffe écrasent pendant des heures sous leurs bombes les défenseurs de Sedan, des réservistes de la 55e DI française, dont c'est le baptême du feu, sur le point le plus faible du front à la jonction des 2e et 9e Armées, tenu par deux divisions de série B (55e DI et 102e DIF). Tout d'abord sonnés les défenseurs repoussent dans un premier temps toutes les tentatives de l'infanterie des trois PanzerDivisions pour traverser la Meuse sur des canots pneumatiques protégés derrière un écran de fumigènes (une première).

Le secteur le plus fragile de la malheureuse 55e DI (une douzaine de canons antichars face à 800 chars allemands) n'est pourtant enfoncé qu'au soir après l'intervention des canons des chars et de l'artillerie puis des lance-flammes des fantassins allemands. Certains des défenseurs capturés sont abattus sur place par les allemands excédés par l'opiniâtreté de leur résistance. Une fois la tête de pont établie, les allemands mettent en place à la faveur de la nuit un pont pour le franchissement des chars. Le front de la 2e Armée a cédé.

Le commandement français totalement pris au dépourvu va envoyer quelques renforts dans ce secteur secondaire (53e DI et 3e BS à la 9e Armée à l'
ouest de Sedan
 
14 mai, les allemands franchissent la Meuse

A Houx, au nord de Dinant, à peine arrivées, deux compagnies du 39e RI de la 18e DI (9e Armée) repoussent pendant 36 heures l'infanterie de la 7. PanzerDivision de Rommel, contre-attaquant et ramenant des prisonniers. Dans l'après-midi du 14, ce n'est qu'une fois leurs rares canons antichars détruits que les fantassins français doivent abandonner face aux chars allemands leur positions sur la Meuse.

A Monthermé, la 42e Demi Brigade de Mitrailleurs Coloniaux de la 102e Division de Forteresse (9e Armée) tient tête à l'infanterie de la 6. PanzerDivision pendant plus de deux jours. Ce n'est que dans la matinée du 15 que l'intervention des Panzers contraint la 102e DIF à court de munitions à abandonner la Meuse.

Hélas, au lieu de lancer les 3e Division Cuirassée de Réserve et 3e Division d'Infanterie Motorisée et regrouper ses forces contre le flanc allemand au sud de Sedan, Huntziger disperse ces excellentes unités en "bouchons antichars" et son infanterie dès lors condamnée à livrer des combats héroïques de retardement, qui causent certes de lourdes pertes aux allemands comme à Stonne.

A midi, Gamelin a appelé à la rescousse des éléments de la 6e Armée Touchon, en réserve du Secteur Fortifié du Jura Central (GA3). Gamelin laisse entendre à Touchon que la bataille autour de Sedan est un "incident local" et que les renforts prélevés sur la 6e Armée seront dans quelques jours de nouveau disponibles pour d'autres missions.
 
15 mai, les allemands sont à Moncornet dans l'Aisne

Gamelin rassure encore Daladier le 15 mai au matin. Guderian est certes contraint de laisser sa 10. PanzerDivision en flanc-garde au sud de Sedan, mais il peut faire pivoter, contre l'avis de ses supérieurs, ses 2.PzD et 1.PzD vers l'ouest. C'est LA décision capitale de la campagne de France. Il n'a plus devant lui que des unités éparses mais qui vont se battre jusqu'au bout comme à La Horgne, à 25 kilomètres au sud-ouest de Sedan, où la 3e Brigades de Spahis, essentiellement des marocains et des algériens, se barricade dans le village et, alors qu’elle ne dispose d’aucun soutien d’artillerie, bloque le 15 mai une journée entière la 1. PanzerDivision,  ...
 
Les Panzers désormais orientés vers l'ouest, se retrouvent également au milieu des lignes de communication et de ravitaillement de la 9e Armée françaises, dans le dos d'unités surprises au bivouac, semant la panique sur leur chemin ... et au GQG où Gamelin n'est pas informé des "positions" exacte de l'ennemi, ce qui est autant la conséquence de communications défectueuses que de la vitesse de la progression allemande. La 1e Division Cuirassée (DCR) française envoyée à la rescousse depuis Charleroi, se trouvera ainsi engagée pendant son déplacement avant de tomber en panne d'essence et la 2e DCR devant agir depuis Vervins sera surprise par l'avance allemande au cours de son débarquement. La 3e DCR n'est pas encore opérationnelle.

La 6e Armée Touchon, qui n'a pu prendre position la veille, arrive pour colmater la brèche ouverte entre la 9e et la 2e Armée. Touchon prescrit tout d'abord de résister coûte que coûte sur la deuxième position entre Rocroi et Poix-Terron, Ardennes, à 10-20 kilomètres à l'ouest de la Meuse. Hélas, peu d'unités sont en mesure d'exécuter cet ordre entre celles qui refluent et les rares qui arrivent, très retardées. La position est en réalité déjà intenable et Touchon décide de se rétablir sur l'Aisne, 25 kilomètres en arrière. 
 
Le communiqué officiel reste pourtant optimiste : "La journée du 15 mai semble marquer une halte. Entre Namur et la région de à l'ouest de Montmédy, notre front, qui avait été bousculé, est en cours de redressement." En réalité, après la rupture du front de la  2e Armée française la veille à Sedan au terme de violents combats, la 9e Armée française commence à se disloquer, transpercée par les PanzerKorps du HeeresGruppe A dont la 6. PanzerDivision, qui a percé le 15 au matin seulement à Monthermé, atteint Rozoy dans le nord-est de l'Aisne puis Montcornet à 30 kilomètres de Laon à 20 heures, ayant parcouru plus de 60 kilomètres dans la journée depuis Monthermé.

Les allemands sont dans l'Aisne. La route de Paris est désormais ouverte constate Gamelin
toujours avec un temps de retard ! Un nouveau groupement de chars est constitué d'urgence dans la région de Sissonne (une soixantaine de kilomètres à l'est de Quierzy), baptisée 4e DCR et confiée au colonel de Gaulle. Le commandement veut établir un front défensif sur l'Aisne et l'Ailette pour barrer la route de Paris. La 6e Armée Touchon, formée d'unités prélevées à l'est va s'y déployer. La 4e DCR de de Gaulle opérant "seule, en avant, dans la région de Laon" doit y "gagner le temps nécessaire à la mise en place de l'armée Touchon".

Gamelin est atterré par les rapports qui lui parviennent. La brèche dans le flanc des armées françaises mesure 70 kilomètres de Maubeuge à Château-Porcien. Corap est remplacé par Giraud à la tête de la 9e Armée qui se disperse en rase campagne (plus facile d'envoyer un nouveau commandant d'armée que des chars pour stopper la percée allemande ...).  

Au soir, G
amelin réalise que la brèche ne pourra être "colmatée". Comprenant enfin le mouvement allemand, il ordonne la retraite à toutes les unités qui se trouvent en Belgique.

A propos de la "déroute" de la 9e Armée, "Il faut préciser que beaucoup de nos artilleurs des échelons arrières n'ont absolument aucune arme. Dans une armée, où les calculs furent faits trés sèrieusement, on a trouvé que sur un total de 6 divisions, 15.000 hommes n'avaient aucun moyen de défense : ni fusil, ni revolver, ni poignard." Colonel de Bardies - La campagne 1939-1940.

Egalement, sur les 13 généraux morts au combat en mai-juin 1940, 5 appartenaient à la 9e Armée souvent accusée à tord d'être seule responsable de l'écroulement sans combat du front de la Meuse.
 

 
16 mai, 
les allemands atteignent Marle, Vervins, Hirson
 
Le 16 mai, le XIX. PzK Guderian, qui a percé le premier à Sedan le 14,  progresse vers l’ouest de 90 kilomètres. Les 1. PzD au sud et 2. PzD au nord établissent des têtes de pont sur la Serre à Lugny, Thiernu, Marle et Dercy. Des éléments de reconnaissance marchent vers l’Oise. La couverture du flanc sud est très faible avant l'arrivée de la 10. PzD le lendemain sur son aile gauche directement menacée par les blindés français des 2e et 4e DCR.

Plus au nord, la 6. PzD exploite son succès de la veille, le groupement von Esebeck vers Vigneux, Hary, Vervins Ouest, Voulpaix, Wiège-Faty (20h30) et Flavigny-le-Grand (23h30) à l'est de Guise. Le groupement von Ravenstein vers Dagny(-Lambercy), Vervins Est, Etréaupont (22h30) et Marly(-Gaumont) (22h30) à l'est de Guise. La 8. PzD, après avoir atteint Liart à 10h45 avec ses éléments de tête, se dirige vers Hirson et parvient aux lisières sud-est de la ville à la tombée de la nuit.

Côté français la défensive est plus que jamais de rigueur, Gamelin n'envisage pas de couper le couloir des Panzers, ce qui était alors possible en attaquant de flanc sur la Meuse et dans le secteur de Charleroi  (voir notamment La défaite française, un désastre évitable - Jacques Belle). Si, après avoir permis aux Panzers de percer rapidement sur la Meuse en y laissant des divisions d'infanterie sous-équipées en moyens anti chars et en DCA, Gamelin n'avait pas dispersé ses réserves : 3 Divisions Cuirassées plus l'excellente 7e Armée, capables de contre-attaquer en masse les flancs de la percée des Panzers (qui est loin de faire l'unanimité dans l'armée allemande ...) et renverser la situation.

17 mai, Hitler ordonne un arrêt sur l'Oise, de Gaulle attaque à Moncornet

Dans la nuit, von Kleist apprend que ses objectifs pour le 17 mai, continuer en direction de Saint-Quentin et atteindre la ligne Vervins, Montcornet, Dizy-le-Gros, se regrouper et occuper les ponts de l’Oise, sont pour la plupart déjà dépassés de 30 km. Il atterrit au P.C. du XIX. PzKorps à 7 heures du matin et interdit à Guderian de franchir l’Oise. L'explication est vive, Guderian démissionne. Hitler est très inquiet de l'avancée des Panzer et du vide qu’ils laissent derrière eux. Les divisions d’infanterie même motorisées ne peuvent suivre et le Führer craint les contre-attaques des blindées français. Les 1. et 2. PzD consolident donc leurs têtes de pont sur la Serre et s'emparent des ponts sur l’Oise à Ribe­mont, Mézières-sur-Oise, Berthenicourt, Moÿ à 30 kilomètres de Quierzy. Guderian revient à son poste. La 10. PzD fait mouvement vers Montcornet pour répondre à l'attaque de la 4e DCR française dans cette région.

Plus au nord, la 6. PzD s’empare de Guise (groupement von Esebeck), de Macquigny et installe des têtes de pont sur l’Oise à Neuvi­lette et Hauteville après midi. La colonne nord de la 2. PzD et le groupement von Ravenstein se rencontrent à La Herie. La 2e Pz se détourne sur Ribemont, le groupement von Ravenstein se dirigeant sur Origny. Les axes de marche notamment des unités allemandes ne sont en effet pas précisément définis, laissant ainsi une certaine latitude dans l'exécution, ce qui occasionne parfois des chevauchements. Le cas s’est déjà produit le 16 à Montcornet entre les 1., 2. et 6. PzD. Au nord, la 8. PzD s’empare d’Hirson, exploite vers La Capelle, où elle pénètre à minuit. Un détachement atteint Guise, où il relève des éléments de la 6. PzD.

18 mai, Guderian s’empare de Saint-Quentin

Le XIX. PzK Guderian s’empare de Saint-Quentin à 9 heures, atteint à 14 heures Tertry et Villeret, où il s’établit solidement dans la soirée, et ses reconnaissances parviennent à Péronne et à Fins. La 10. PzD se regroupe dans la région Hame­gicourt, Ribemont, La Ferté, Nouvion et Catillon avec quelques unités du génie dont la mission est de protéger le flanc gauche du PzK sur la Somme et la Serre, de Falvy à Mortiers, en détruisant les ponts sans importance et en conservant les ponts nécessaires à une exploitation possible vers le sud. Le XIX. PzK s’est heurtée aux éléments de la 2e DCR au nord de Jussy, au sud de Remigny et au nord de Quessy.

Plus au nord, la 6. PzD, groupement von Ravenstein au sud, s’empare de Fontaine (10 h 30), Croix (11 h 30), Méricourt (12 h 45), Le Catelet (19 h 30) et établit une tête de pont à Vandhuille. Le
groupement von Esebeck au nord est à Fresnoy à 11 h 30, et à 10 km au sud de Cambrai à la nuit. La 8. PzD éprouve plus de difficultés ; opérant en flanc-garde au nord du dispositif, sa progression est ralentie par les coups de boutoir partant d’Etreux, de Wassigny et elle s’établit provisoi­rement en défensive sur le front Sevoncourt Iron.

19 mai, de Gaulle attaque à Crécy-sur-Serre

Les 1re et 2e Pz doivent atteindre la ligne Péronne-Fins, établir une tête de pont sur le canal du Nord sur la ligne Le Mesnil-Cléry, la 10. PzD assurant la flanc-garde sud. En fin de matinée, la 10. PzD signale que l’attaque contre la tête de pont française de Ham est un échec et n’a aucune certitude en ce qui concerne Jussy, Quessy, Saint-Simon. A 12 h 30, des chars français sont signalés à Benay, à 13 h 05 de l’infanterie et des chars français à Essigny. L’aviation allemande observe le rassemblement de cent chars au sud de Crécy. L’unité de barrage de la division est exterminée. Guderian décide cependant de ne rien changer à ses plans et les 1. et 2. PzD continuent leur progression vers l’ouest, la 10. bloque seule l'attaque française en attendant des renforts de l’arrière. L’après-midi, les chars fran­çais sont détruits à Essigny, l’attaque sur Crécy est repoussée.

20 mai, la côte de la Manche est atteinte

La 2. PzD prend Abbeville écrasé sous les bombes, la 1. PzD Amiens, défendu avec acharnement par un régiment régional et quelques chars FT 17 de 14-18. Au soir du 20 mai, un bataillon de la 2.PzD atteint la baie de Somme à Noyelles. Le coup de faux a réussi. Les armées alliées sont définitivement coupées en deux. Gamelin fait ses valises. Le permier acte de la bataille du Nord est joué.


L'exode

Le 15 mai 1940, après avoir franchi les Ardennes, la 6. PanzerDivision du XXXXI. PzK Reinhardt atteint Rozoy-sur-Serre dans le nord-est de l'Aisne puis Montcornet à 30 kilomètres de Laon au soir, ayant parcouru plus de 60 kilomètres dans la journée depuis Monthermé sur la Meuse. Le 16 mai, les 1. PzD au sud et 2. PzD au nord appartenant au XIX. PzK Guderian progressent de 90 kilomètres en deux jours depuis Sedan, vont établir des têtes de pont sur la Serre à Lugny, Thiernu, Marle et Dercy, à 45 kilomètres de Quierzy.

Le 16 mai, les blindés allemands sont donc entre 70 et 45 kilomètres de Quierzy mais les combats semblent tout proches ; dans la nuit un avion français est tombé près de l'Oise vers le château - son pilote est indemne. Dans la matinée quelques militaires et des réfugiés traversent le village. La rumeur grandit : les allemands sont à Laon ! Il n'en faut pas plus. Les destructions de la Grande Guerre et l'occupation allemande sont dans tous les esprits. Avant midi, les ouvriers sont rentrés des champs, les charrettes et les autos chargées, les animaux des fermes resteront sur place : les poules, les lapins, veaux et les vaches sont laissés en liberté. Les maisons sont fermées à la hâte, on emporte des matelas, du linge et de la nourriture. Certains étaient à pieds, d'autres en vélo.

Une véritable caravane prend la route, quelques animaux suivent. Ceux qui n'ont ni auto ni charrette suivent à vélo ou à pied. D'autres prennent le train ; il n'y a aucune gare disponible avant Creil ! Situation au 16 mai 1940Direction la Mayenne pour la plupart. Le plan d'évacuation de 1935 révisé en 1938 prévoit en effet que le département d'accueil pour la population de l'Aisne est la Mayenne, soit plus de 350 kilomètres à parcourir à travers l'Oise, l'Eure et l'Orne en évitant les villes importantes et les grandes routes. Quinze jours de voyage en perspective.

Départ le 16 mai en direction de Compiègne contourné par le nord puis entre Clermont et Creil, traversée de la Seine entre Vernon et Mantes, poursuite entre Vernon et Dreux, puis entre Alençon et le Mans, ... au  rythme d'une trentaine de kilomètres par jour. La Dépêche de l'Aisne, imprimée à Laval, publie à la mi-juin une liste indiquant la commune accueillant les services publics de chaque commune évacuée ; la Mairie de Quierzy est évacuée à Bouessay au sud-est de la Mayenne. Certains s'arrêtent à Laval d'autres poursuivent jusqu'à Angers.

S'il faut 4 jours en train, la "caravane de Quierzy" mettra plus de 3 semaines pour parvenir dans la Mayenne ... à peine moins que les allemands, dans la panique que l'on sait ; embouteillages des routes, bombardements des villes, mitraillages des convois, on se réfugie sous les voitures et les charrettes, on se jette dans les fossés. Certaines étapes se font de nuit pour éviter les bombardements. Il y aussi le manque rapide de nouriture, le commerçants qui en profitent, les vols des biens emportés entre réfugiés, ...

A l'arrivée, l'administration s'occupe de trouver à chaque famille un endroit pour loger. On se retrouve dans des fermes isolées, dont les propriétaires reçoivent des indemnités pour loger et nourrir les réfugiés. Il faut nettoyer et aménager les bâtiments et les granges pour s'y installer. Chacun aide ensuite aux travaux de la ferme et suit la poursuite des opérations militaires.


 
87e Division d'Infanterie d'Afrique

Combats sur l'Ailette

Tirailleur du 18e RTA, 87e DIASituation au 21 mai 1940Tandis que la population toute entière s'enfuit sur les routes de France, d'importants combats se préparent dans la région de Quierzy. Le village va se retrouver en effet au centre du front qu'établit hâtivement Weygand, avec les troupes qu'il lui reste, sur la Somme, le canal Crozat, l'Ailette et l'Aisne. Les rives de l'Aillette et ses canaux offrent de nombreux couverts propices à une bataille d'arrêt.

Le 15 mai, après avoir franchi les Ardennes, la 6. PanzerDivision du XXXXI. PzK Reinhardt atteint Rozoy-sur-Serre dans le nord-est de l'Aisne puis Montcornet à 30 kilomètres de Laon au soir, ayant parcouru plus de 60 kilomètres dans la journée depuis Monthermé sur la Meuse. Les allemands sont dans l'Aisne. La route de Paris est désormais ouverte constate Gamelin pour qui l'ennemi fonce vers la capitale "comme en 14". 

La 6e Armée Touchon, en réserve vers Dijon, initialement envoyée colmater la brêche ouverte entre la 9e et la 2e Armée par les Panzers sur la Meuse, doit du fait de la situation à la 9e Armée, qui se disperse en rase campagne, établir un front défensif sur l'Aisne et l'Ailette "pour barrer la route de Paris". La 4e Division Cuirassée de Réserve du Colonel de Gaulle recoit l'ordre d'opérer "seule, en avant, dans la région de Laon" afin de "gagner le temps nécessaire à la mise en place de l'armée Touchon". 

Un exemple de la confusion qui règne, le 16 mai, le général Touchon adresse l’ordre au général Barbeyrac de Saint-Maurice, commandant la 87e DIA., qui a du débarquer dans la région de Saint-Quentin - Guise d'appuyer  la contre-attaque de la 2e D.C.R. vers Montcornet.

D.A. P.C. le 16 mai, 6 heures. E.M. -3 B.
ORDRE N° 8
La 2e D.C.R. est rassemblée région Le Nouvion­-Etreux.
Si vous n’avez pas reçu d’ordre supérieur contraire, prenez-en le commandement et, en appuyant par votre division, cherchez à contre-attaquer les chars ennemis qui progressent de Montcornet vers l’ouest.
Cette action est des plus importantes.
L’Armée tient le passage de l’Aisne, d’Attichv à Œilly. En fin de manœuvre, vous pourriez, suivant les événements, vous raccrocher à elle sur les affluents de l’Aisne ou le canal d’alimentation.
Lancez les chars avec décision et sans prétendre les mettre au pas de l’infanterie.
Le Général TOUCHON,
Commandant le D.A.
Signé: TOUCHON.
 
Cet ordre parvient dans la matinée à
la 2e D.C.R. qui a reçu une autre mission; la défense des ponts de l’Oise au nord de La Fère. La 87e DIA arrive alors à peine dans la région de Pierrefonds à 70 kilomètres au sud et fera mouvement le 18 vers l'Ailette.

Le 16 mai, les 1. PzD au sud et 2. PzD au nord, appartenant au XIX. PzK Guderian, ayant progressé de 90 kilomètres en deux jours depuis Sedan, vont établir des têtes de pont sur la Serre à Lugny, Thiernu, Marle et Dercy, à 45 kilomètres de Quierzy. Elles vont s'emparer le lendemain des ponts sur l’Oise à Ribe­mont, Mézières-sur-Oise, Berthenicourt, Moÿ à 30 kilomètres de Quierzy. Orienté jusque là plein ouest, le mouvement prend la direction du nord-est.

Gamelin comprend enfin la manoeuvre d'encerclement allemande et suggère de contre-attaquer pour couper les arrières des Panzers. Malgré la contre-attaque de la 4e Division Cuirassée du Colonel de Gaulle le 17 mai vers Montcornet, l'ennemi atteint St-Quentin le 18. Fidèles aux enseignements de la Grande Guerre, le reste de l'armée française, incapable d'agir, s'emploie pendant des jours à colmater la ligne de front avant toute attaque.  

C'est dans ce contexte que Paul Reynaud élargie son gouvernement et s'adjoint Pétain, responsable en grande partie de l'impréparation de l'armée française et
défaitiste de la premère heure, comme vice-président du Conseil et Georges Mandel, l'ancien chef de cabinet de Clémenceau, croyant au sursaut de l'armée et à la poursuite de la guerre en Afrique du Nord, comme ministre de l'Intérieur.

Le 17 mai 1940 le général Frère commandant la 7e Armée disparue aux Pays-Bas est convoqué au GQG de Vincennes. Le général Gamelin lui donne pour mission de mettre sur pied, à gauche de la 6e Armée, une nouvelle 7e Armée qui doit couper la progression allemande sur la Somme afin de protéger Paris.

18 mai, la 87e DIA arrive sur l'Ailette 

Sur le flanc des Panzers allemands, barrant la route de Paris, quelques unités en retraite de la 9e Armée tentent tout d'abord de se regrouper derrière les canaux, puis de nouvelles unités forment un front, tandis que depuis les observatoirs d'artillerie de la première guerre mondiale sur les hauteurs du Chemin des Dames, l'artillerie française malmène les allemands. Au centre de ce front, entre la Somme et l'Aisne, devant Quierzy, la 7e Armée du Gal Frère sur la rive doite de l'Oise reçoit des renforts ;

La 23e Division d'Infanterie (en réserve du GQG au 10 mai), alertée le 17 mai, arrive de la région de Chaumont (Haute Marne) et s'installe le 18 derrière le Canal de St-Quentin entre Saint-Simon et Tergnier, l'Oise et le canal de l'Ailette entre l'Oise et le Bac d'Arblincourt. La 23e DI est rattachée au 24e Corps d'Armée de la 7e Armée Frère.

A droite, rive gauche de l'Oise, la 6e Armée, sur les lieux même des combats acharnés de 1918, fidèle à ses conceptions datant de la Grande Guerre, le commandement français aligne dans ce secteur hautement stratégique, où l'Ailette barre la route de Paris, ses fidèles troupes d'Afrique. La 87e Division d'Infanterie d'Afrique (en réserve du Groupe d'Armées 2 au 10 mai), arrivée de Dieuze (Moselle) dans la région de Pierrefonds le 17, affectée à la 6e Armée fait mouvement le 18 vers l'Ailette, et s'établie du pont sud du Bac d'Arblincourt au pont de Courson (PC à Pierrefonds). Son front sur l'Ailette est de 15 kilomètres à vol d'oiseau alors que le secteur théorique pour ce type d'unité est de 5 à 6 kilomètres. A sa droite, la 28e DI prend pareillement position avant que la 7e DI vienne s'insérer. Leur mission sur l'Ailette : "Tenir sans esprit de recul". La 87e DIA est rattachée au 17e Corps d'Armée de la 6e Armée Touchon.

Il n'y a plus à ce moment d'unité en ordre devant elles, seule la 3e DLC résiste devant LAON. L'historique du 87e GRDIA mentionne la 27e DIAlpine qui tient le massif boisé de St-Gobain où son GR (20e) est bousculé par l'ennemi. Le secteur devant Quierzy repasse à la 6e Armée du Gal Touchon. 

La 23e DI est originaire du sud de la Loire et composée des 32e RI (Tours, Chatellereault), 107e RI (Angoulême, Limoges), 126e RI (Brive), 41e RA ... Elle débarque à Chauny à partir du 18 mai. Le 126e prend position entre Jussy et l'écluse de Mennessis, le 32e entre Mennessis et Viry-Noureuil en liaison à droite avec le CID 15 (Centre d'Instruction Divisionnaire de la 15e DIM, 27e RI...), plus tard la 29e DI CID 15 et des éléments du dépot 92 bis qui tiennent sommairement les autres têtes de ponts puis 107e RI ?

La 87e DIA est originaire d'Algérie, et composée des 17e et 18e Régiment de Tirailleurs Algériens essentiellement constitués de réservistes et du 9e Zouaves, régiment d'active d'Alger. Elle rejoint l'Ailette le 18 mai ; durant le trajet depuis Attichy, les colonnes des Zouaves sont continuellement survolées et plusieurs fois bombardées par l'aviation ennemie sur les routes encombrées de soldats de la 9e Armée en déroute et de réfugiés. Les autres régiments de la Division et l'artillerie (87e et 287e RA) sont retardés par les bombardements aériens et subissent des pertes en route. 

Les Spahis de retour à Quierzy

Le Groupement de de Reconnaissance de la division est envoyé au levé du jour en deux bonds de l'Aisne à l'Oise pour tenir de Varennes au pont de Bichancourt sur l'Ailette. Il établit son PC à Brétigny avec les Spahis de l'Escadron monté à Varesnes et Quierzy et l'Escadron moto à Manicamp, Abbécourt et Bichancourt. En mars 1917, le 4e Spahis libérait Quierzy.

Le "9 Z", dont l'effectif est incomplet (des permissionnaires n'ont pas pu rejoindre l'unité), prend possession des ponts entre Champs et Courson (ce dernier est tenue à partir du 19 mai par le 7e BCA de la 28e Division qui s'installe à droite de la 87e). Le Régiment y construit dès le 19 des barricades anti-char et établit de solides points d'appui, réutilisant parfois des abris de 14-18. La défense des villages et les forêts, obstacles naturels à la progression des chars, est pareillement minutieusement organisée jusqu'à Vézaponin et Epagny en arrière du front.

Tirant les leçons des premières semaines de combat, Weygand qui succède à Gamelin à la tête des armées françaises le dimanche 19 mai, "pour organiser la contre offensive", demande en effet à ses unités, d'adopter une défense en "hérissons". Préoccupé dès sa prise de commandement de trouver parade aux raids des Panzers appuyés par la Lufwaffe sur les arrières des armées, il fait organiser les villages en centre de résistance hérissés de feux capables de défendre de tous côtés comme un hérisson attaqué qui se protège en faisant boule de tous ses piquants. Les Panzers qui contourneront ces points d'appui se retrouveront coupés de leur infanterie et seront ainsi vulnérables aux contre-attaques des blindés français et à l'artillerie. Egalement, "Il faut substituer à la notion de ligne celle de la maîtrise des communications". Les unités se retranchent derrière les ponts, aux carrefours, dans les villages et organisent en profondeur des points d'appui protégé par l'artillerie.

Canon de 155 CQuierzy et le front sur le canal de l'Ailette devant le village (pont de Bichancourt, Manicamp) relèvent dans un premier temps de la 23e DI. Une batterie de 155 du 241e RALD prend position près de Quierzy. Nous reparlerons plus tard du dépôt d'obus de 155 laissé dans un bois à proximité du village par cette unité ...  

Le site SGA confirme que des hommes de la 23e DI sont tués dans ce secteur à cette période : plusieurs du 18e GRDI et un de la 23/2 Cie de Sapeurs Mineurs le 23, un au 126e RI le 24, un autre le 29 avant la relève du 126e RI par le 18e RTA le 2 juin. 

Le 18e Tirailleurs Algériens a pris position sur l'Ailette dans la nuit du 18 au 19 mai à gauche des Zouaves, après relève du Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87). Le 17e RTA (moins un bataillon placé en réserve de Division) a pris position à gauche des Zouaves. 

L'artillerie s'installe à l'arrière ; les 75 du 87e RA en "appui direct" des 3 régiments d'infanterie, les 155 C du 287e RAL en soutien, plus un groupe de 155 GPF aux lisières de la Forêt de Laigle. 

Le VIIIe Groupe du 320e Régiment d'Artillerie Coloniale Porté (VIII/320 RACP) s'installe selon son JMO le 2 juin "dans la région de Bourgugnon-sous-Coucy"voir la page sur le 320e RACP.

Manicamp, sous-secteur du 18e RTA, est organisé défensivement. Dans la rue principale, une arme collective (canon d'infanterie ou fusil-mitrailleur) est installée dans une maison, dont un mur est en partie démonté pour permettre le tir en direction de l'Oise et du canal. Un élément du socle sera retrouvée par le propriétaire des lieux à son retour d'exode.

Il n'y a pas de trace à Quierzy, plus en arrière du front, de l'organisation de telles défenses. L'effectif ne le permet pas et la défense de l'Oise depuis la rive sud, alors que la poussée allemande orientées plein sud en direction de l'Aisne et Soissons, présente le risque pour les défenseurs de se retouver coincés le long de la rivière et son canal.

"Qu'ils viennent ... ils seront reçus !". En 14 et en 18, l'armée française s'est rétablie sur la Marne, cette fois ce sera sur l'Ailette. Le ravitaillement, amélioré du vin trouvé sur place, est abondant. Malgré les plaintes des bêtes mourant de faim et de soif se mêlent aux échos des combats qui se rapprochent, le moral est bon.

Le PC de la Division s'installe à Morsain le 20 puis à Vassens le lendemain tandis que le secteur de division s'étend vers l'Oise.

19 mai, la 1.Gebirgsjäger-Division arrive sur l'Ailette 

Tandis que Weygand succède à Gamelin à la tête des armées françaises le 19 mai, l'infanterie du 18. ArmeeKorps (12. Armee Gal List, Heeresgruppe A Gal von Rundstedt) vient protéger l'avance des panzers. Les chasseurs de montagne de la 1.Gebirgsjäger-Division (Gebirgsjäger-Regiment 98 et Gebirgsjäger-Regiment 99) arrivent sur l'Ailette le 19 par Hirson, Marle, Crécy-sur-Serre. 

Contrairement à une idée reçue, le gros des troupes allemandes est peu mécanisé et progresse à pied jusqu'à l'Ailette pour y mener des combats d'infanterie classiques, sans l'intervention des chars, qui poursuivent 80 kilomètres devant en direction d'Amiens (1. PzD) et Abbeville (2. PzD) pris le lendemain. Au soir du 20 mai, un bataillon de la 2.PzD atteint la baie de Somme à Noyelles. Le coup de faux a réussi. Les armées alliées sont définitivement coupées en deux. Les Panzers poursuivent les jours suivants sur Boulogne, Calais, Dunkerque ...

L'avance allemande jusqu'à l'Aisne 
L'avance de la 12. Armee allemande jusqu'à l'Aisne et l'Oise
Le 18. ArmeeKorps au nord parcourt près de 400 km
du Rhin à l'Ailette en 10 jours.

Faisant face à la 87e DIA, les chasseurs de montagne de la 1.Geb.Div. (désormais rattachée au 44. ArmeeKorps, 6.Armee, Heeresgruppe B) arrivés également sur l'Ailette le 19, sont en défense le long de la rivière avec en avant des positions entre Marizelle et Landricourt (Coucy-le-Ch.) protégeant ainsi l'avance des panzers vers Amiens.

Premier contact avec l'ennemi

Le 21 à l'aube, le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87) qui passe le canal pour aller faire sauter un dépôt d'essence vers Barisis dans la Forêt de Coucy se heurte à une forte colonne motorisée vers Coucy-le-Château. Tout au long de la journée, l'ennemi tente de franchir les ponts, il est systématiquement repoussé, chars y compris. Malgré les bombardements d'artillerie et le manque de matériel de destruction, nos pionniers commencent à faire sauter les ponts.

Jeudi 23 Mai 1940
S P 14954
"ça va pas plus mal, nous sommes toujours dans notre souterrain, mais il faut prendre patience en espérant que nos miséres s'arrêteront vite. Il fait toujours trés beau et on casse toujours bien la croûte arrosée de bonnes bouteilles trouvées dans les maisons éventrées,on se demande comment elles ont pu résister aux bombes? Tu ne peux pas te rendre compte du nombre d'animaux qui trainent, vaches, cochons, chevaux, moutons tout ce que ces pauvres gens ont abandonné et qui vont servir en partie à faire des bouillons. Ils auront eux aussi servi la France en améliorant l'ordinaire des soldats à la guerre. Certains vieux avaient déja connu l'exode et la destruction de leurs biens en 14, c'est la guerre mais c'est bien triste"
Récits d'époque

Le 22 et les jours suivants, les allemands surpris par cette résistance inattendue limitent leurs tentatives d'infiltration. L'artillerie est en place, ainsi que les communications téléphones et radio. La destruction des ponts se poursuit. Les accrochages et duels d'artillerie sont quotidiens.

Le 23, la 2e Compagnie du 36e Bataillon de Chars de Combat (17 chars FT 17 de la Grande Guerre)  fait mouvement par porte-chars dans la zone de la 87e DIA. Dans la nuit du 23 au 24, les sections prennent leurs positions de combat. La Compagnie est répartie de la façon suivante : Sous-secteur gauche tenu par le 18e Rgt de Tirailleurs Algériens ; 2e section sous le commandement de l'Aspirant Simonet, sous-secteur du centre tenu par le 9e Zouaves ; 1e section sous le commandement de l'Adjudant Chef Tessier, sous-Secteur de droite tenu par le 9e Zouaves puis par le 17e RTA ; 3e section sous le commandement du Lieutenant Despatin. PC de la Compagnie et Sous-Section d'Echelon à hauteur du PC de la Division à Vassens. A 10h, la Section du Lieutenant Despatin est bombardée par avion. Pas de victimes. La section d'Echelon est à Blérancourt. Le 25, la section du Lieutenant Despatin a eu à intervenir pour repousser une infiltration ennemie. Son action s'est bornée à un mouvement de la section, sans combat, les quelques fantassins ennemis ayant progressés, ayant été tué par les feux de l'infanterie. Un motocycliste de la Compagnie engagé par erreur dans les lignes ennemies est stoppé par un pont détruit et par le feu ennemi. Il rejoint les lignes de la Compagnie en traînant sa machine. 

Le 25 mai toujours, à 11 heures, par suite de la menace qui se précise sur le canal de l’Ailette, le 24e Bataillon de Chasseurs Alpins  (29e DI), en défense à Pontoise-les-Noyon, reçoit l’ordre de se porter le plus tôt possible à Manicamp, où il doit relever un bataillon du 126e RI. Il atteint Quierzy à 21 heures, accueilli par des obus fusants. Il reçoit l’ordre de stopper. Dans la soirée et au cours de la nuit, Manicamp est bombardé par obus de 105. Le 26, contre-ordre pour la relève, le 24e BCA doit rejoindre Babeuf au nord de l’Oise.  

Situation au 4 juin 1940Le front s'organise. A la fin mai, la 87e Division repasse à la 7e Armée. Son secteur est étendu à gauche jusqu'à l'Oise exclue (au delà, la 23e DI reprend le secteur de la 29e) et ramené à droite au pont de la Vallée inclus (au delà, c'est la 7e DI rattachée à la 6e Armée). Le secteur de la 87e DIA est divisé en 3 sous-secteurs ;
- Ouest ; 18e RTA (principaux points d'appui ; Bois de M..., Bois de F..., Manicamp, St-Paul-aux-Bois, Besmé, Blérancourt),
- Centre ; 9 Z (Bois de la T..., Guny, Trosly-Loire, Selens),
- Est ; une partie du 17e RTA (Pont-St-Mard, Point du Jour, Ferme de Bonnemaison, Epagny).

Les 12 ponts ou passerelles du secteur ont été détruits : le pont de Bichancourt le 27 mai, les ponts de Quierzy le 1er juin. Le 4 juin, la défense de l'Oise de Pont-l'Evèque à Quierzy confiée au 52e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés de la 7e DIC.  

On se bat à la grenade d'une rive à l'autre du canal de l'Ailette. La menace monte, les préparatifs allemands s'accélèrent ; dans la nuit du 3 au 4, la 72.Inf.Div. relève les chasseurs de montagne. Le 4, l'agitation est importante du côté allemand.

Après le rembarquement le 4 juin à Dunkerque du Corps Expéditionnaire Britannique et des armées françaises encerclées au nord, les unités françaises, jetées dans la bataille au gré des événements, défendent désormais seules et sans moyens modernes la liberté du monde. Elles ont pour consigne de résister sur place jusqu'à l'arrivée des armées rescapées du Nord qui débarquent à Cherbourg ...


5 juin, 2e acte de la bataille

L'armée française a perdu une vingtaine de divisions (un tiers de ses forces initiales) sur la Meuse et dans les Flandres (ses meilleurs unités ainsi que leurs blindés), l’armée britannique a rembarqué à Dunkerque, soit une douzaine de divisions en moins. Sur le papier, Weygand a pu rassembler une quarantaine de divisions d'infanterie et trois divisions blindées en cours de formation pour défendre un front improvisé étirée d’Abbeville à la Ligne Maginot, sur la Somme, l'Ailette et l'Aisne face à 120 divisions allemandes, dont 10 PanzerDivisions. 

8 divisions françaises sont établies dans le département de l'Aisne au 4 juin 1940, veille de l'attaque allemande sur le front défensif français constitué derrière le canal de la Somme, le canal de Saint-Quentin, l'Oise, le canal de l'Ailette et l'Aisne. Ce front de plus de 110 kilomètres s'étend de Sommette-Eaucourt, à l'est de Ham, secteur de la 3e DLI, à Neufchâtel-sur-Aisne, secteur de la 42e DI. 

On y trouve en première ligne du nord au sud  : 

- 3e DLI, PC à Crisolles,
- 23e DI, PC à Grandru,
- 87e DIA, PC à Vassens,
- 7e DI, PC à Crouy,
- 28e DI, PC à Chivres,
- 44e DI, PC à Baslieux-les-Fismes,
- 45e DI, PC à Pévy,
- 42e DI, PC à Villers-Franqueux.

Franchissement du canal par la 1.Geb.Div.Mercredi 5 juin, 2e acte de la bataille, les allemandsattaquent en force (5. AK de la 6. Armee von Reichenau au nord, decant la 23e DI et la 87e DIA et 44. AK de la 9. Armee Strauß, pas encore engagée en France, au sud, unités appartenant au Heeresgruppe B von Bock)

Trois régiments sont lancés à l’assaut du 18e RTA. Côté Oise, le 475. Infanterie Regiment de la 255. Infanterie Division Wetzel (455, 465, 475 IR) attaque au pont de Bichancourt – Manicamp, Quartier du IIIe Bataillon Vigne du 18e RTA, avec pour objectif final Noyon. A droite du 475. IR, appartenant à la 72. ID Mattenklott, le 266. IR attaque à gauche, le 124. IR au centre, tous deux devant le Ier Bataillon Delattre du 18e RTA (Quartier de St-Paul-aux-Bois), et le 105. IR à droite devant les Zouaves (selon les archives allemandes) avec pour objectif les hauteurs de Blérancourt ; Camelin-Le Fresne, St-Aubin, …

Weygand veut rester optimiste : "[...] La bataille de France est commencée. L'ordre est de défendre nos positions sans esprit de recul […] Accrochez-vous au sol de France. Ne regardez qu’en avant ! Le sort de la Patrie, la sauvegarde de ses libertés, l'avenir de nos fils dépendent de votre tenacité". 

Après une intense préparation d'artillerie sur tout le front à l'aube, qui s'étend en profondeur entre Quierzy et Juvigny, les allemands franchissent le canal à la faveur d'un épais brouillard sur des barques pneumatiques ou à la nage. 

Les vagues successives sont accueillies à coups de fusils et de grenades, qui coulent les embarcations et font de nombreux morts qui flottent sur canal. Les pertes sont effroyables (les points d'appui français sont bien organisés selon un plan de feux méthodique), mais les allemands tués sont immédiatement remplacés et parviennent à prendre pied sur la rive. Les combats se poursuivent au corps à corps sur les berges : on s'y bat à un contre six.

Claude PAILLAT - Le désastre de 40, tome 5Les points d'appui se défendent avec acharnement. Beaucoup succomberont faute de munitions. Les réserves manquent pour les dégager. La plupart, mêmes encerclés, tiennent mais l'ennemi les contourne et progresse entre Pont-St-Mard et Crécy-au-Mont et par le pont de Bichancourt insuffisamment détruit. Devant Guny, le 105.IR allemands décimé par nos armes automatiques doit engager ses réserves.

A la mi-journée, les allemands débordent Manicamp malgré la résistance sur place des unités ; la 11e Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI ne se repliera que le 7 avec cette dernière. Mais les infiltrations ennemies sont nombreuses, St-Paul-aux-Bois est investi, Trosly-Loire est menacé. L'ennemi cherche, selon une méthode qui lui est chère durant cette campagne, à attaquer par l'arrière, en capturant les états-majors pour désorienter les unités privés de chefs ... Des renforts sont nécessaires. Une section de chars du 36e BCC - 3 FT17 de la Grande Guerre - arrive en début d'après-midi ! Une contre-attaque des Tirailleurs du 17e permet de dégager le PC du 9 Z à Selens. 

Le 25e GRCA a été envoyé sur l'Oise dans la matinée du 5. Il a ses éléments motorisés sur le canal latéral de l’Oise entre Varesnes et Bretigny pour en renforcer la défense face au Sud en liaison à Salency avec le 52e Bataillons de Mitrailleurs Motorisés et à Abbécourt avec le 107e RI (23e DI), et dirige sur le pont de Pontoise-les-Noyon des patrouilles motocyclistes pour prendre le contact avec la 87e DI. L'après midi, il apprend que l’ennemi occupe Varesnes et atteint Morlincourt puis Pontoise-les-Noyon, tandis que la 87e DI tient Cuts, Gamelin et Le Fresnes, Blérancourt, Saint-Aubin. Les allemands seront retenus au sud-est de Noyon jusqu'au 7. 

Sans doute s'agit-il du 485. IR de la 263. ID arrivant derrière le 475. IR de la 255. ID qui a pris Manicamp. Quelles défenses a-t-il rencontré à Quierzy, Brétigny, Varesnes ?


 Les combats sur le territoire de la commune à proprement parler 

Deux artilleurs du 320e RACP sont tués à Quierzy le 5 juin 1940, Marcel Levieil, né le 09-08-1916 à La Faloise, Somme (son nom figure sur le Monument aux Morts de Rollot, Somme) et René Patier né le 21-03-1893 à Pont du Château, Puy-de-Dôme (son nom figure sur le Monument aux Morts de Fournols, Puy-de-Dôme).

Cette unité a 4 tués le 5 juin, deux à Bourgugnon et deux à Quierzy. On trouve dans le JMO du régiment que le VIIIe Groupe, après avoir exécuté des tirs d'appui au profit de l'infanterie a subi l'attaque directe des allemands et a brrûlé toutes ses munitions en tirs à vue, puis encerclé, après avoir mis hors d'usage ses pièces, s'est replié par échelons en maintenant le contact pendant le repli. Le Chef d'Escadron Patier, parti faire des prisonniers dans le bois à 1.200 m de son PC, est porté dsparu ... 

Les deux artilleurs sont inhumés dans le cimetière de Quierzy. Les tombes se trouvaient initialement, avec leurs casques, près de l'église. Elles ont été transférées vers 1950 à droite de l'entrée principale du cimetière.  

Au soir, les allemands s'emparent de Besmé ferme par ferme mais les points d'appui sur le canal et dans Trosly-Loire tiennent, les pertes infligées à l'ennemi sont importantes et plus de cent prisonniers ont été faits (principalement des hommes du 124. .Inf.Rgt. de la 72.Inf.Div. (44. AK, 6. Armee, Heeresgruppe B ).

Les éléments avancés, ayant contournés les défenses françaises, parviennent à la Ferme Neuve pour le 266.IR, à la lisière nord de St-Paul-aux-Bois pour le 124.IR et sur la colline à l'est de Selens pour le 105.IR.

A cet instant (5 juin au soir), le Gal Frère commandant la VIIe Armée française se met à espérer ; il téléphone à son supérieur, le Gal Besson, commandant le 3e Groupe d'Armée (GA3) : "Chez moi, tout le monde tient. On est encerclé, mais on tient ... J'ai la conviction absolue que l'armée française est en train de se sauver."
Cité notamment par Dominique Lormier dans Comme des lions, Mai-juin 1940, Le sacrifice
héroïque de l'armée française (v. ci-dessous)

Le 170e RI, en position sur l'Aisne vers Vic-sur-Aisne, note que dans la nuit du 5 au 6 juin, les T.C. et C.R. de la 87e DI refluent sur la rive sud de l’Aisne.

Le 6 juin, tandis que Paul Reynaud s'adjoint le général de Gaulle, comme sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale, les allemands poursuivent leur action. A l'ouest, ils poussent en direction de Blérancourt malgré la résistance sur place des Tirailleurs sur St-Paul-aux-Bois notamment. Le 18e RTA contre-attaque de la Rue de Noyon en direction de la Ferme Favette pour dégager la dernière batterie de 75 intacte du 87e RA qui appuie le régiment. Renforcé par la compagnie de réserve du 17e RTA et appuyé par une section de 2 FT (le 3e est en panne) les Tirailleurs repoussent l'ennemi et capturent 16 allemands dont un officier. Au soir, les allemands attaquent très violemment Camelin et le Fresne.

Au centre, l'attaque allemande en direction de Trosly-Loire est pareillement stoppée ; 152 prisonniers dont 2 officiers et un important matériel sont pris. A l'est, une grande partie de l'armement est perdu du fait des violents pilonnages d'artillerie, la liaison est perdue avec le 93e RI, les Tirailleurs se replient vers Epagny et le GRD multiplie les reconnaissances pour rechercher la liaison avec le 93e RI. 

C'est au cours de cette journée que le Lieutenant Houzé, pilote d'un Curtiss H-75 abattu, ayant refusé de se rendre, tombe en héros les armes à la main vers Besmé.

De leur côté, les Zouaves interdisent jusqu'au soir tout franchissement au Bois de la Tinette. Les allemands n'en poursuivent pas moins leur avance. A 19 h, violente attaque allemande sur Camelin - Le Fresne. Il n'y a plus d'appui d'artillerie, plus de munitions, plus de renfort, mais la défense du village est acharnée. Vers 22h, le Chef de Bataillon Caffarel du IIe Bataillon du 17e RTA est tué, le village est pris. Au soir, le 266.IR atteind la colline au sud-est de Blérancourt, le 124.IR les hauteurs au sud de St-Aubin et le 105.IR Ouilly - Vézaponin. 

Vers 21 h tombe l'ordre de décrocher. On croit tout d'abord à une mystification de la 5e colonne. Mais à gauche de la 7e Armée, sur la Somme, le front de la 10e Armée a cédé et le recul de la 10e Armée oblige la 7e Armée à se replier. Rommel a trouvé la parade aux hérissons de Weygand, il avance à travers champs. Dans le secteur de la 87e DIA, les importantes incursions ennemies alentours rendent une contre attaque impossible. 

L'ordre est transmis par les agents de liaison qui parviennent à se glisser jusqu'aux points d'appui encerclés. Malgré la fatigue de deux jours et deux nuits de combats et la faim (il n'y a plus de ravitaillement depuis le 4 juin), le repli s'effectue en ordre à la faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne de Rethondes, Berneuil, Attichy et Vic tenus par la 11e DI. La 11e Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise avec  la 23e DI ne se repliera que le lendemain avec cette dernière. 

On trouve à Quierzy des traces de ces combats ; des douilles de 7,5 mm 1929 correspondant à l'armement individuel des Tirailleurs.

Le site SGA / Mémoire des hommes mentionne le décès à Quierzy le 6 juin 1940 du Tirailleur Sendjesni Mohamed Ben M’Hammed du 18e RTA refoulé de Manicamp par le 475. IR (255. ID) suivi du 485. IR (263. ID), qui longe l'Oise vers Noyon.

Le Tirailleur Sendjesni Mohamed Ben M’Hammed du 18e RTA est inhumé la Nécropole Nationale de Champs (Aisne), tombe n°279.


 

Les Tirailleurs abandonnés à leur sort

Le 18e RTA tient une position particulièrement intenable derrière le canal de l'Ailette, sans vue sur l’autre rive, pour toute protection, l'Oise à gauche le séparant du 24e CA dont il dépend, les pentes du plateau dominant l’Ailette et l’Aisne à droite et en arrière. C’est en outre à cet endroit, que de ce côté du front, les allemands vont porter tous leurs efforts avec de l’infanterie en nombre pour s'emparer à revers des défenses de Noyon et de Blérancourt. 

Quatre régiments allemands sont engagés contre le 18e RTA qui a seulement deux bataillons en première ligne. A gauche, le 475. IR (255. ID de réserve) et derrière le 485. IR (263. ID, 5. AK), attaquent en force au pont de Bichancourt vers Manicamp le 5 juin 1940 à l'aube, le 485. IR pour aller repasser l’Oise au sud de Noyon et prendre avec le 5. AK la ville en tenaille. A droite, deux régiments de la 72. ID (44. AK) avancent, le 266. IR, par les fermes Favette et Neuve, et le 124. IR, par St-Paul-aux-Bois, vers Camelin-Le Fresne et St-Aubin. 

Aucun renfort n'est envoyé sur l’Ailette après la prise de St-Paul-aux-Bois et Manicamp le 5 juin en début d'après-midi. Tout au plus, le 24e CA envoie à la mi-journée les éléments motorisés du 25e GRCA sur le canal latéral à l’Oise entre Varesnes et Quierzy pour en renforcer la défense de la rive nord face au sud, en liaison à Salency avec le 52e Bataillons de Mitrailleurs Motorisés, ce qui arrête jusqu'au 7 la progression du 485. IR vers le sud de Noyon par la vallée de l’Oise. Le 16e GRDI, mis à la disposition de la 87e DIA le 6 juin, par la 11e DI en défense sur l'Aisne, couvrira quand à lui la gauche de la 87e dans la région de Carlepont puis sa retraite vers le pont de Berneuil !

Le prix payé par les allemands sur l'Ailette est élevé ; de leur propre aveu pour ces deux jours ; 1.800 morts et 4.500 blessés (outre plus de 200 prisonniers). La seule 1.Geb.Division du 44 ArmeeKorps, qui a traversé le canal plus à l'est ce jour-là perd 500 hommes. Les Zouaves perdent de leur côté 16 officiers et 620 hommes (tués, blessés ou disparus). les pertes des Tirailleurs, égalements lourdes, attestent qu'ici comme ailleurs l'armée française s'est battu courageusement.

L'avance vers Noyon

Sur l'autre rive de l'Oise, le V. ArmeeKorps (62., 94., 263. ID), 6. Armee qui attaque depuis La Fère est tenu un temps en échec devant Noyon par de puissantes contre-attaques françaises. Le 485.I-R (263.ID) a passé le Canal de l'Oise à l'Aisne à Bichancourt derrière le 475. IR de la 255. ID, 6. Armee et longe le Canal Latéral à l'Oise jusqu'à Noyon tandis que les 463 et 483. Infanterie-Regiment (263.I-D également) ont franchi le Canal de St-Quentin devant Vouël. (rive droite de l'Oise) tenu par le 32e RI de la 23e DI. Mais à l'aube du 7 juin, les 62. et 94. ID venant du nord et la 263. ID du sud-est par la vallée de l'Oise resserrent l'étau sur Noyon où les combats de rues opposent les fantassins allemands aux fantassins français jusqu'en début d'après-midi. La plupart des unités françaises parviennent à s'échapper. Parmi elles, le 25e GRCA qui a tenu  pendant deux jours le canal latéral à l'Oise. Au soir du 7, la 263. ID occupe Noyon. La chaleur est étouffante. Les morts sont enterrés à la hâte.

Des journées décisives 


On sait aujourd'hui que pour Weygand l'ordre donné le 5 juin à ses unités de lutter "sur place sans esprit de recul" signifiait que la guerre devait s'arrêter là, pour négocier avec Hitler tant que la France a une armée. Weygand refusait alors toute idée de repli vers la Bretagne ou l'Afrique du Nord et rien n'est donc fait en ce sens.
Mais l'armée française oppose, au délà de tout espoir, à l'attaque allemande du 5 juin, une résistance remarquable - et remarquée - sur la Ligne Weygand, contrastant avec ce qui s'est passé en mai.
Cette nouvelle donne ne modifie pas le cours de la bataille mais Weygand finit par céder sans conviction le 6 et autorise la retraite. Son plan d'armistice est mort et l'Armée Française se battra jusqu'au bout.
Après le rembarquement réussi de Dunkerque, ce sursaut français aidera également Churchill à convaincre les britanniques que l'on peut se battre contre Hitler et continuer la guerre.
Il trace aussi la voie dans laquelle s'engagera de Gaulle, devenu le 6 juin Secrétaire d'Etat à la Guerre du gouvernement Reynaud.

Au sud de l'Aisne

Au 170e RI, toujours au sud de l'Aisne vers Vic, on note le 6 juin au matin, entre 9h30 et 11h00, des bombardements successifs par avions sur les colonnes d’artillerie et les T.C. de la 87e Division sur Vic et la cote 140. La route de la Vache Noire est coupée par endroit par des cadavres de chevaux et par des voitures. Dans la nuit du 6 au 7 juin s’effectue le repli des éléments de la 87e DI. Certains de ces éléments sont regroupés dans Vic. Le régiment  s’emploie à les rallier et même à les ravitailler avec ses propres vivres, et à les réorganiser. Les derniers éléments de la 87e DI franchissent le pont de Vic entre 10h00 et 13h30, heure à laquelle se termine leur passage. Vers 13h00 des éléments ennemis prennent contact aux barricades est de Vic puis aux barricades nord-est. 

A la 87e DIA, on note que le 7 vers 13 heures la rivière a été franchie par tous les éléments qu'il a été possible de décrocher, les ponts sautent. Les allemands attaquent déjà. La déception est grande de ne trouver là ni défense organisée ni renforts regroupés pendant les 20 jours de combats sur l'Ailette.

Les combats se poursuivent au sud de l'Aisne. La 87e DIA se bat au nord de la Forêt de Retz ; Ferme de Pouy les 8 et 9 juin, Taillefontaine le 10 ...

Situation au 12 juin 1940Lundi 10 juin, la bataille défensive sur la Somme et l'Aisne est perdue. Le repli général se fait sur Soissons et Oulchy. Les Allemands atteignent Château-Thierry. Le front sur la Marne est défendu héroïquement. Le 11 juin, la rivière est franchie à Brasles et à Chartèves. Les allemands progressent dans toutes les directions.

Le Gouvernement quitte Paris. Le 12, les allemands sont à Évreux, le 14 à Paris et au Mans, le 15 à Tours et sur la Loire. Lundi 17 à 12 heures 30, alors que rien n'a été préparé (l'armistice sera signé le 25), Pétain annonce à la radio "qu'il faut cesser le combat". Le sauveur de la France fait également interdire par son ministre de la guerre le Gal Colson, tout repli devant les allemands et qu'on fasse sauter les ponts des grandes villes ...  livrant ainsi plus de 1.000.000 de prisonniers aux allemands. Le 18 dans la soirée, le Général de Gaulle lui répond : "rien n'est perdu pour la France". Du 19 au 21, 2 000 Cadets de Saumur (élèves officiers, instructeurs, bataillon de marche des élèves officiers et d'infanterie de St-Maixent) résistent derrière la Loire sur un front de plus de 30 km de Gennes à Montsoreau. Mais au sein du gouvernement, les défaitistes Pétain en tête,  l'emportent; l'armistice est signé le 22 juin à Rethondes. Il est rapidement violé.

Appel à la Résistance du Général de Gaulle du 22 juin 1940 à la BBC (6' 30'' - 1063 Ko)

Situation au 25 juin 1940A la tête de la 87e DIA, le Gal Martin saura diriger une retraite en bon ordre jusqu'en Charente et en Hte-Vienne (à St-Junien notamment ...), sans jamais rompre le combat, malgré la masse de civils qui fuit, l'armée qui se défait sous les coups des stukas, maîtres du ciel désespérément bleu de juin 1940. La division, qui défile dans Châteauroux le 14 juillet, reçoit les félicitations de Weygand avant de rembarquer à Marseille pour l'Algérie début août ; ses hommes prendront part dès 1942 à la libération de l'Empire puis de la Métropole.

Les allemands n'oublieront pas non plus la défense héroïque du 9e Zouaves sur l'Ailette ; l'armistice signé, ils tiendront à rencontrer son chef sur la ligne de démarcation pour le féliciter !


Insigne du 9e Zouaves

 

Médaille des Rescapés de l'Aisne créée en 1967 à l'occasion du 50e anniversaire de l'offensive du Chemin des Dames d'avril 1917, elle commémore les combats qui se sont déroulés dans l'Aisne lors des Première et Deuxième Guerres mondiales.    Médaille des Rescapés de l'Aisne créée en 1967 à l'occasion du 50e anniversaire de l'offensive du Chemin des Dames d'avril 1917, elle commémore les combats qui se sont déroulés dans l'Aisne lors des Première et Deuxième Guerres mondiales.

La médaille des resapés de l'Aisne
 

"La défaite de mai-juin 1940 reste, aujourd'hui encore, une plaie mal cicatrisée dans la conscience nationale : elle évoque la débâcle, l'exode, l'Armistice. Au malheur se rajoute la honte, car une opinion très répandue veut que l'armée française ait subi cette déroute sans combattre. De fait, le sujet est tabou, comme s'il s'agissait d'un secret de famille honteux. Et pourtant...

Sait-on qu'en quarante-cinq jours de combats, les pertes quotidiennes allemandes furent supérieures à celles de la campagne de Russie du 22 juin au 10 décembre 1941 ? Que la première bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale, à Hannut, fut une victoire française ? Que le village de Stonne, surnommé par les Allemands " le Verdun de 1940 ", changea de mains dix-sept fois en trois jours ? Qu'à Landrecies, deux chars lourds français détruisirent une centaine de blindés allemands en quelques heures ? Que le général de Gaulle, commandant la 4e division cuirassée, enfonça à Abbeville les positions allemandes, mais ne put exploiter son succès faute de réserves suffisantes ? Que l'opiniâtre résistance des troupes françaises à Lille et à Dunkerque permit de sauver de la capture 340 000 soldats alliés, et donc de sanctuariser l'Angleterre ? Que sur la Loire, les cadets de Saumur bloquèrent 40 000 soldats ennemis ? Qu'au moment de l'Armistice, 45 des 53 ouvrages de la ligne Maginot restaient invaincus ? Et surtout, que près de 100 000 soldats français moururent au champ d'honneur en quarante-cinq jours de combat ?

Ce livre captivant suit minutieusement l'évolution des troupes sur le terrain, pointe les erreurs du haut état-major français, en retard d'une guerre, et s'appuie sur de nombreux témoignages de soldats français et allemands. Dominique Lormier rend un hommage tardif mais ô combien mérité à ces héros méconnus."

Dominique Lormier Comme des lions, Mai-juin 1940, Le sacrifice héroïque de l'armée française - Calmann-Lévy  2005, Présentation de l’éditeur 
 

__________
On
  lira avec intèrêt L’Officier sans nom, premier roman de Guy des Cars,qui reçoit le prix Goncourt (zone libre) en 1941. Lieutenant de réserve à la tête d'une compagnie du 102e RI, l'auteur combat sur l'Ailette et recevra la croix de guerre pour sa conduite au front. 

 

L'occupation

Le retour immédiat des réfugiés est interdit par l'ennemi afin de ne pas entraver les mouvements de ses troupes. Il n'y a plus de train. Mais la caravane de Quierzy repart avant la fin du mois de juin en passant cette fois par Paris complètement désert. Les combats sont terminés,  le  retour vers le foyer va plus vite. Chacun a hâte de retrouver sa demeures et les routes sont moins encombrées. On y rencontre partout l'occupant. On s'inquiète de l'état du village. Les rumeurs vont bon train égalementent.

Quierzy est rejoint le 10 juillet. Par le train, il faudra deux jours pour rentrer à la fin du mois.

Le village porte la marque des combats, les champs ont été saccagés par les engins militaires, les ponts ont sauté, des militaires tués ne sont pas encore enterrés. Quelques maisons ont eut leur toiture soufflée, beaucoup ont été pillées ; certaines totalementd'autres d'autres ont leurs armoires vidées de leur contenu, meubles dehors, animaux éparpillés, ...

On apprend que trois enfants du village sont morts au combat : 


Paul (Joseph)
BRIFFOTEAUX du 155e Régiment d'Infanterie de Forteresse. Le 155e RI, « Régiment de la Meuse » est affecté sur la « Ligne Maginot » au Secteur Fortifié de la Tête de Pont de Montmédy (Meuse) à la frontière franco-belge (2e Armée). Les allemands ayant percé à Sedan puis sur la Somme et l'Aisne, le 12 juin est donné l'ordre de décrocher progressivement vers le sud pour éviter l'encerclement. Joseph BRIFOTEAUX décède de blessures de guerre le 15 juin 1940 à Combres (Meuse) à 70 kilomètres du SF de la TPM. Il n'avait pas 25 ans.

Louis SEQUEVAL du 45e Régiment d'infanterie. Au sein de la 4e Division d'Infanterie (7e Armée), le 45e RI formé à La Capelle Hirson à la mobilisation, empêche le franchissement de l'Escaut du 20 au 26 mai 1940 dans le secteur frontalier de Bouchain. Hitler viendra se faire expliquer début juin comment son 8.Korps a été tenu en échec par un seul régiment d'infanterie à Bouchain Louis SEQUEVAL décède des suites de blessures le 25 mai 1940 à Lille. Il avait à peine 29 ans.
 
René SUEUR du 242e Régiment d'Artillerie. Le 242e RA (issu du 42e RAde La Fère) combat au sein de la prestigieuse 3e Division d'Infanterie Motorisée (2e Armée), qui fera preuve à Stonne (Ardennes) en mai 1940 d'un courage et d'une volonté hors du commun. Après avoir résisté héroïquement à Stonne, la 3e DIM décimée se replie en combattant admirablement. La division parvient à se rétablir sur l'Aube le 14 juin entre Ramerupt et Viâpres (région d'Arcis-sur-Aube) où René Sueur décède des suites de blessures le 14 juin 1940 à Montsuzain. Il avait tout juste 22 ans.
 

C'est beaucoup pour une armée qui ne se serait battue. Près de 100.000 soldats français ont été tués en un mois (un dixième des pertes totales de la Grande Guerre, qui dura 52 mois ?).

Autre trace de la bataille qui s'est déroulée dans la région, un certain nombre d'armes a été laissé sur place. Beaucoup vont disparaître avant que les allemands s'y intéressent.

cartes d'alimentationMais l'ennemi s'organise sans tarder et Quierzy va subir une nouvelle fois l'occupation allemande ; réquisitions, pillages (le cours du Mark passe de 4 à 20 Francs), cartes d'alimentation, Ausweis, couvre-feu, sentinelles aux ponts, "petite frontière" sur le canal (au nord, c'est la "zone interdite" permettant aux allemand l'accès aux côtes de la Manche), ... Les rationnements fixent la ration alimentaire à 1 700 calories par jour environ ; Catégorie A (de 22 à 70 ans, non travailleurs de force, ni cultivateurs) en 1940 ; 250 g de pain, 15 g de matières grasses par jour ; 180 g de viande, 40 g de fromage par semaine ; 500 g de sucre par mois. En avril 1941 ; 240 g de pain par jour ; 250 g de viande, 75 g de fromage par semaine ; 3 l de vin, 550 g de matières grasses, 500 g de sucre, 200 g de riz, 250 g de pâtes par mois.


 

La Résistance

Différents réseaux de résistance à l'occupant se créent, d'autant plus rapidement et efficacement que la région a déjà eu l'expérience de l'occupation allemande en 1914-1918 ; faux papiers en tous genres (cartes d'identité, d'alimentations, ...), renseignement, ramassage des armes, sabotages, hébergement des aviateurs alliés, ... De l'autre côté de la Méditerranée, l'armée française se reconstitue et en 1943 libère l'Italie avec les alliés. Un enfant du village y meurt au combat : RICOT Henri

André Gossard (1901-1944)Fin 1943, dans la perspective des opérations militaires à venir, un important groupe de résistants (tous les jeunes du villages !) s'organise à Quierzy autour d'André Gossard dit Hubert (Adjudant), propriétaire du café-épicerie route de Brétigny. Le groupe FFI de Quierzy, qui comptera près de 40 hommes à la veille de la libération, dépend du Lieutenant Adolphe Alavoine dit René, de Béthancourt, chef du Secteur B1/2 (ouest de Chauny). Le secteur B1/2 est rattaché au Secteur B1 (Chauny) commandé par le Lieutenant Jean Bruxelle de Flavy-le-Martel lui-même sous les ordres du Capitaine René Dromas d'Ugny-le-Gay, Chef du Groupement B (Laon), issu de l'O.C.M. (Organisation Civile et Militaire).

Le secteur B1/2 s'étend de l'ouest de Chauny jusqu'à la limite du Département entre Ugny-le-Gay et Guyencourt au nord et Quierzy et Manicamp au sud. La vallée de l'Oise constituant un axe stratégique pour les communications allemandes vers l'ouest, le groupe aura notamment pour objectif le Canal (Latéral à l'Oise), la Nationale (n°38 à l'époque, n°32 aujourd'hui) et surtout la voie de chemin de fer (Paris-Bruxelles), qui feront l'objet de sabotages, destructions, renseignements au profit de l'aviation alliée, ...

Jusqu'en juin 1944, le groupe s'entraîne avec les armes et explosifs parachutés - essentiellement des Sten et des fusils anglais, du plastic - et commence à harceler les allemands ; permutation des panneaux de signalisation, pose de crèves pneus, etc ...

 

Juin 1944

3 juin ; la gare d'Appilly est bombardée : un train de marchandises est détruit.

Discours du Général de Gaulle du 6 juin 1944 à la BBC (27" 27'' - 81 Ko)

5 juin 1944, presque quatre ans jour pour jour après l'entrée des allemands dans Quierzy, le groupe prend le maquis et, conformément aux ordres reçus de Londres, les fameux messages personnels, passe à l'action dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 en faisant sauter le déversoir de Manicamp du canal, qui se vide alors dans l'Oise, empêchant ainsi aux allemands toute navigation sur le canal pendant plusieurs jours et notamment l'acheminement de péniches de gas-oil à destination de la Normandie. Par la suite, une équipe va couper la ligne téléphonique enterrée sur la Nationale près d'Abbécourt, tandis qu'une autre permute les panneaux de signalisation, des crèves pneus sont posés, le tout entraînant systématiquement la désorganisation des transports allemands pour quelques heures.

8 juin ; nouveau bombardement de la gare d'Appilly : un train de munitions saute.

Le déversoir de Manicamp est saboté une seconde fois dans la nuit du 12 au 13 juin.

Une dizaine de jours à peine après le débarquement, la tête de pont alliée en Normandie est solidement établie. La situation commence à préoccuper les allemands ; le 17 juin, Rommel et Von Rundstedt rencontrent Hitler en personne dans l'Aisne au PC fortifié de Margival (au nord-est de Soissons). Son retour pour l'Allemagne est précipité par la chute le lendemain, d'un V1 incontrôlé à quelques centaines de mètres du PC !

22 juin ; bombardement des installations ferroviaires, péniches et camions entre Appilly et Ribécourt. Fin juin, le port de Cherbourg est conquis de haute lutte.

PM Sten Mk2
PM Sten Mk2

Juillet 1944

Dans la nuit du 3 au 4 juillet, le groupe regagne Quierzy par mesure de sécurité après l'attaque par les allemands d'un groupe voisin à Crisolles, entre Noyon et Guiscard.

Le 7 juillet, informé du départ de Chauny d'un train de chars pour la Normandie, le groupe va poser une charge explosive sur la voie ferrée entre Abbécourt et le passage à niveau de Manicamp au lieudit Thury. C'est finalement un train de voyageur qui passe en premier et saute, heureusement sans faire de victime. Le convoi allemand prend quand même plusieurs heures de retard. Les cheminots de Tergnier réfugiés à Quierzy du fait des bombardements furent d'une aide précieuse pour ce type d'action. Le lendemain, une bombe est placée en plein jour dans un train "suspect" garé à Appilly. Le train n'est pas détruit mais l'explosion sème la panique chez les allemands.

Dans la nuit du 11 au 12 juillet c'est la scierie d'Appilly, réquisitionnée par les allemands, qui est sabotée; le bois sert notamment à alimenter les gazogènes de leurs véhicules. Le transformateur électrique est plastiqué et les courroies des scies démontées. La scierie ne tournera plus pour l'ennemi. Changement de secteur pour ne pas être repéré la nuit suivante, tout le groupe va saboter les lignes téléphoniques longeant la voie ferrée vers Baboeuf; sur plusieurs centaines de mètres les poteaux sont sciés et les fils cisaillés.

Le 17 juillet, le groupe tente à nouveau de vider le canal remis en eau, mais cette fois par le fond et avec une charge plus importante; un des obus de 155 abandonnés par l'Armée Française en 1940 dans un bois à proximité du village. L'engin traverse Quierzy de jour dans une remorque de vélo garnie d'herbe et sur laquelle a pris place une fillette de 18 mois ! Mais le ponton de service sous lequel la charge est placée, pour ne pas attirer une fois sur place l'attention des sentinelles allemandes, ne pourra être tiré de Quierzy jusqu'à Abbécourt à bras d'hommes. Il faut renoncer.

Après plusieurs semaines de combats acharnés, les Américains s'emparent de Saint-Lô le 18 juillet, les Britanniques et Canadiens de Caen le 19.

Nouvelle opération d'importance pour le 20 juillet, il faut empêcher le redémarrage des ateliers du dépôt SNCF de Tergnier, bombardés mais partiellement réutilisables; deux postes de transformation électriques sont intacts. Au début de la matinée, un commando pose une charge explosive et incendiaire sur chacun des deux transformateurs. Ils sont tous deux détruits. L'électricité ne sera pas rétablie avant le départ des allemands. Furieux, ces derniers commencent à rassembler les agents français du dépôt, qui parviennent à prendre la fuite à la faveur d'une alerte aérienne.

Malheureusement, deux jours après cette réussite spectaculaire, les allemands parviennent à arrêter André Gossard au saut du lit. Il a été dénoncé tout comme un autre membre du groupe qui a réussi à prendre la fuite. Le groupe dormira désormais à l'extérieur du village. Emprisonné et interrogé à Saint-Quentin, André Gossard ne parlera pas. Transféré au camp de Royalieu en attente de déportation, il fut tué au cours du bombardement de Compiègne le 9 août 1944. Âgé de 43 ans, il laissait une femme et un garçon de huit ans. Il sera décoré de la Croix de Guerre à titre posthume.

L'activité du groupe se poursuit. Le 24 juillet, ayant été informé que seule la gare de Noyon étaient encore alimentée en eau - indispensable aux locomotives à vapeur - quatre hommes du groupe vont faire sauter en plein après-midi la station de pompage.

Fin juillet, succès de l'opération Cobra en Normandie ; les Américains enfoncent enfin les défenses allemandes et déferlent en direction de la Bretagne et de la Loire. L'ennemi entreprend la préparation d'une ligne de repli sur la Somme, la Marne et la Saône. Entre la Somme et la Marne, la "ligne Kitzinger" coupe le Département entre Ham et Fismes et longe l'Ailette devant Chauny et Coucy.

Août 1944

Le 3 août, tandis que le groupe assiste à l'enterrement de M. Guerre, Maire de la Commune, des avions américains bombardent deux trains allemands garés à Appilly signalés la veille. Des wagons d'essence brûlent, ceux de munitions explosent, les voies sont endommagées, mais un avion a été abattu par les tirs de DCA. Le lendemain, un nouveau train de char est annoncé sur la voie de garage d'Appillly. 4 hommes du groupe vont poser durant la nuit une mine antichar sur l'aiguillage. Le train reste bloqué là 24 heures avant d'être bombardé le 5 puis peu après son départ de jour le 6, près de Ribécourt par les avions alliés.

Le 7, l'eau ayant été rétablie à la gare de Tergnier, 4 hommes du groupe sont envoyés faire sauter la station de pompage qui se trouve près de la gare de La Fère. Les 2 hommes porteurs des armes et explosifs sont contrôlés par la Gestapo entre Manicamp et Marizelle. Ils ne sont pas fouillés par les agents français, la Libération approche ... Arrivé sur place, la présence de nombreux ouvriers à proximité des pompes doit faire renoncer à l'opération. Le 8, deux hommes du groupe se rendent à vélo au terrain d'aviation d'Achery, au nord de La Fère, afin d'identifier les avions qui s'y trouvent.

Durant la nuit du 11 au 12, le groupe est exceptionnellement mobilisé pour une opération de parachutage entre Guivry et Beaumont-en-Beine. Aucun avion ne se présente. Nouveau sabotage du câble téléphonique enterré qui longe la Nationale le 14 août à l'aide d'un obus de 75 de 14-18 et pose de crèves pneus. Le premier camion allemand qui se présente crève un pneu; le chauffeur n'ose pas s'arrêter avant Chauny pour réparer !

A la mi-août, l'échec de la contre-attaque allemande de Mortain, ordonnée par Hitler, précipite la déroute des armées allemandes en Normandie. Début de la difficile retraite des armés allemandes vers la ligne Somme-Marne-Saône.

17 août ; bombardement de l'écluse Saint-Hubert d'Appilly et de Salency. Le 18, en prévision des combats de la Libération, une partie du stock d'obus de 155 est transportée à proximité de la Nationale. Le transport est effectué en charrette à cheval. Sur la Nationale, l'équipage se retrouve un moment au milieu d'un convoi allemand mitraillé par l'aviation américaine. Le soir même des hommes du groupe vont saboter une ligne téléphonique aérienne vers Bourguignon-sous-Coucy et permuter les pancartes de plusieurs carrefours. Les allemands mettront plusieurs jours avant de trouver l'origine de la panne.

Les armées allemandes encerclées dans la poche de Falaise sont anéanties. Les rescapés en fuite, cherchent à repasser la Seine en direction de la ligne de défense Somme-Marne-Saône.

Les alliées approchent ; tout le groupe est mobilisé pour la nuit du 20 au 21 août afin de prendre en embuscade les convois allemands sur la route Manicamp-Besmé. Un obus de 155 doit sauter au passage du premier véhicule. Aucun convoi ne se présente. Dans la nuit du 22 au 23, le groupe fait sauter le pont sur la nationale entre Baboeuf et Salency au carrefour de la route de Béhéricourt. La circulation reste coupée 24 heures.

Le 25 août au soir, le groupe va une nouvelle fois bloquer la circulation sur le canal, très fréquenté en direction du nord avec la libération de Paris. Une péniche est coulé en travers du canal près du pont d'Abbécourt. Elle ne sera découpée qu'après la libération.

Le 26 août, les allemands réquisitionnent le bétail ; la fin approche.

Le 28, l'armée allemande traverse Quierzy en charrettes, le groupe est en alerte, les américains sont à Soissons, les allemands s'apprêtent à quitter le secteur et à faire sauter les ponts. A la nuit, les hommes vont se regrouper à Béthancourt pour les combats de la Libération puis vont poser deux mines sur la nationale vers Marest sous la protection d'un FM du groupe de Béthancourt au milieu des convois allemands. C'est une voiture et ses occupant qui explose dispersant alentour des centaines de paquets de Gauloises. La route est coupée plusieurs heures. Les allemands furieux font précéder leur convoi de cultivateurs de Marest pour faire sauter les mines. Heureusement, elles avaient sauté toutes les deux. Les Gauloises feront le bonheur des fumeurs des environs.

Le 29, ordre de repli général allemand vers la Belgique et la ligne de défense à l'ouest (estuaire de l'Escaut-Canal Albert-Meuse-Westwall-Moselle).

Le 30, les allemands réquisitionnent les vélos et les autos. Le canon gronde depuis quelques jours vers Compiègne. Les américains sont à Laon. La nuit du 30 au 31, pour devancer les allemands, le bureau de tabac de Béthancourt est dévalisé, avec l'accord du propriétaire. Le 31, calme sur la route et dans le ciel mais le canon gronde sans cesse. Pendant la nuit, un homme du groupe s'est blessé à la main en déchargeant son pistolet.

 

Septembre 1944

Chauny 1er septembre 1944 - Convoi allemand en flamme (photo J. Hallade)1er septembre ; le canon s'est tu vers 5 heures, vers 6 heures deux V1 passent à basse altitude en direction de Paris, les allemands investissent Quierzy et les villages alentours. Sur les routes, le défilé des "convois" allemands en retraite est incessant ; tout ce qui peut rouler est utilisé. Vers midi poursuite d'avions dans le ciel. Accrochages entre Soissons et Chauny en début d'après-midi. Deux hommes se rendent à Chauny pour évaluer la situation ; la ville grouille d'allemands. A la nuit, ces derniers commencent à quitter Quierzy. Le canon tire de la rive nord de l'Oise ; les américains sont à Noyon. Vers 1 heure les ponts sautent. A 6 heures tout est silencieux.

Le groupe à Béthancourt - 2 septembre 1944Le 2 septembre au matin, le groupe, réveillé de bonne heure par les cloches des villages alentours annonçant la Libération tant attendue, part libérer Chauny. Dans les villages traversés (Commenchon, Caumont, Neuflieux) tout le monde est dans la rue, ivre de joie, on chante la Marseillaise, impossible d'avancer. Après avoir fouillé la zone parcourue sans rencontrer un seul allemand, vers 11 heures, à l'entrée d'Ognes, le groupe rencontre les premiers américains venant de Noyon ; une voiture française en tête, genre SIMCA, suivie de quelques véhicules blindés sur pneus, sans doute une unité de reconnaissance de la 28th Infantry Division. Retour à Béthancourt tard dans l'après-midi.


 

Courrier

La Libération

Affiche du GPRF / Défilé de la 28e DIUS sur les Champs-Elysées le 29 août 1944 (Photo US Army)Vendredi 25 août 1944 au soir, à J+80, 11 interminables semaines, après leur débarquement sur les plages de Normandie, les Alliés sont sur la Seine, Paris est libéré.

Devant l'ampleur de la débâcle allemande (les sabotages de la Résistance s'accentuent créant chez les allemands un climat d'insécurité qui les démoralise), les Alliés, dont le plan initial prévoyait de faire une pause avant de franchir la Seine, décident de poursuivre sans attendre en direction de la Belgique (Directive M-520 du 26 août du Gal Montgomery). La libération du nord de la France commence.

A Quierzy comme ailleurs, jusqu'à la dernière minute, on ignore qui des anglais ou des américains libèrera la région et surtout quand. C'est la 1st US Army (Gal Hodges) qui reçoit pour mission d'avancer par la "voie historique de Paris aux Ardennes" en direction du nord-est de la capitale entre la 2nd British Army (Gal Dempsey) au nord et la 3rd US Army au sud (Gal Patton). Objectif ; Charleroi, de là se tourner vers l'est et pousser par Liège et Namur pour atteindre le Rhin entre Coblence et Cologne.

Les trois corps d'armée de la 1st US Army (V, VII, XIX) sont déployés de Mantes à Melun, face à la 5. Panzer Armee au nord de l'Oise et la 1. Armee au sud. A droite de Paris, le VII Corps (Gal Collins, 1st et 9th Infantry Division et 3rd Armored Division) part de Melun dès le 26 août et pénêtre le premier dans l'Aisne ; la 9th Infantry Division atteint Château-Thierry dans la nuit du 27 au 28 août tandis que la 1st Infantry Division avance par la Ferté-Milon et la 3rd Armored Division par Villers-Cotterets pour atteindre Soissons le 28 puis Laon le 30, Montcornet et Rethel le 31.

Dans le même temps, le XX Corps (Gal ?) de la 3rd US Army, parti de Vulaines (Fontainebleau) le 28 août en direction de Reims, coupe la pointe sud du Département, libérant la rive gauche de la Marne (90th Infantry Divisions et 7th Armored Division), établit un pont flottant sur la Marne près de Château-Thierry le 28 dans la nuit. Les CCA et CCR de la 7th Armored Division avancent ensuite par Fismes, atteignent l'Aisne, puis avancent vers le nord de Reims, libéré le 30 par la 5th Infantry Division. La 7th Armored Division atteint Verdun le lendemain.

A gauche, le XIX Corps (Gal Corlett, 30th et 79th Infantry Division et 2nd Armored Division) avance de Mantes à partir du 28 août et se trouve entre Beauvais et Compiègne le 31 (la 2nd British Army atteint alors déjà Amiens).

Au centre, après avoir achevé de libérer Paris, le V Corps (Gal Gerow) part avec un temps de retard le 29 août. Composé des 4th (Gal Barton) et 28th Infantry Division (Gal Cota) et de la 5th Armored Division (Gal Oliver), le V Corps a devant lui des éléments des 6.Fallschirm-Jäger-Division, 9.Panzer-Division, Panzer-Lehr-Division K, ... et au nord de l'Oise le 1.SS Panzer-Korps avec des éléments de la 6.Fallschirm-Jäger-Division, la 18.Feld-Division L et la 49.Infanterie-Division plus au nord.

La 4th Infantry Division quitte la capitale par l'est en direction de Soissons, via Nanteuil-le-Haudoin - Villers-Cotterets, suivie de la 28th Infantry Division, qui quitte la ville par le nord en direction de Compiègne par Senlis. La 5th Armored Division (arrivant du XV Corps dans l'Eure, elle succède à la 2e DB française au sein du V Corps ) traverse Paris le 30, rejoint les fantassins et atteint l'Oise, la Forêt de Compiègne et l'Aisne le 31.

Les soldats américains se retrouvent, non sans émotion, sur les champs de bataille de la Grande Guerre où avaient combattu leurs pères. Ne rencontrant généralement pas d'unités ennemies importantes, ils empruntent les grandes routes et négligent dans leur élan des points de résistances secondaires. Partout, la Résistance et la population aident et acclament les troupes américaines parfois méfiantes. Les principales difficultés rencontrées au cours de cette progression rapide sont les ponts détruits et le manque d'approvisionnements, dû à une avance trop rapide. En l'absence de chemin de fer, les alliés ne disposent alors pour leurs ravitaillement que du port artificiel d'Arromanches et de celui de Cherbourg très endommagé, très éloignés.

A l'arrivée des américains, la Résistance prend possession des Mairies et des Administrations. Mais elle n'a pas les moyens d'empêcher les massacres dans le nord du Département ; Fontaine-Notre-Dame le 27 août, Tavaux le 30, Plomion le 31, Etreux le 2 septembre.

Progression des unités US dans l'Aisne 27/8 - 4/9/44

La 4th Infantry Division (22th Infantry Regiment) franchit l'Aisne à l'ouest de Soissons vers Pommiers avec une partie de la 5th Armored Division (Combat Command A) le jeudi 31 à 18 heures. Pendant la nuit, la 28th Infantry Division (110th Infantry Regiment) avec une partie du Combat Command B de la 5th Armored Division traverse l'Oise à Pont-Ste-Maxence et aux premières heures du 1er septembre, la 28th Infantry Division (112th Infantry Regiment) entre dans Compiègne et établit tête de pont au nord de l'Oise permettant à une partie du Combat Command B de la 5th Armored Division de traverser au lever du jour.

Cadre général des opérations - La Poche de Mons - QuorumAlors que le V Corps est orienté dans la direction Avesnes-Beaumont-Chimay, dans la matinée du 1er septembre, la 1st US Army ayant reçu l'ordre de foncer vers le nord afin de couper la retraite aux convois allemands repérés au nord de Saint-Quentin, tous les véhicules disponibles, ceux de l'artillerie et du génie compris, sont utilisés pour envoyer les groupes de combat des 4th et 28th Infantry Division vers la Belgique, par Saint-Quentin, Le Cateau et Bavai (Opération de la Poche de Mons).

Rattaché à la 4th Infantry Division, le Combat Command A de la 5th Armored Division, avance à droite, le reste de la 5th Armored Division, à gauche avec pour objectif la frontière belge, et la 28th Infantry Division en arrière.

Pendant que la 28th finit de libérer Compiègne et ses environs, le 22th Infantry Regiment (4th ID) avec une partie du Combat Command A (5th AD), contournent Chauny par l'est dans l'après-midi du 1er septembre, pour aller franchir la Serre à Crécy le lendemain matin.

A l'ouest, venant de Compiègne, une partie du Combat Command B (5th AD) atteint Noyon au soir du 1er septembre. Là, des éléments de la 348.ID allemande s'opposent une bonne partie de la nuit avant de reculer.

Au centre, les autres unités de la 4th Infantry Division (8th et 12th Infantry Regiment) et du Combat Command A ayant progressées par l'est de la Forêt de Compiègne franchissent l'Aisne au soir.

Insignes des unités de l'US Army
opérant dans la région de Quierzy début septembre 1944

4th Inf. Div.

5th Arm. Div.

28 th Inf. Div.

La Division Blindée US

Contrairement à ses homologues européen, la Division Blindée US est totalement mécanisée et autosuffisante

Effectif : 1 100 véhicules et 10 800 hommes. 
3 bataillons de chars, 3 bataillons d'infanterie blindés, 4 bataillons d'artillerie motorisée. etc. 
Chaque bataillon de chars comprend 68 engins, 4 peletons à 17 blindés (3 de tanks moyens M4 Sherman, 1 de tanks légers M24 Chaffee). Soit un total de 204 blindés (153 Sherman et 51 Chaffee). 

Organisation : 3 Combat Command, à l'image de la division blindée, en principe autonome : 1 bataillon de chars, 1 bataillon d'infanterie blindée, 1 bataillon d'artillerie motorisée. 

Les Combat Command peuvent être intégrés dans une division d'infanterie, en soutien.

A Quierzy, la débâcle allemande s'accélère à la nuit. Vers 1 heure, les ponts sautent. Le canon tire de l'autre rive de l'Oise. Avant le jour, les allemands ont disparu. Tout devient silencieux. Samedi 2 septembre 1944, au levé du jour, on entend les cloches des villages alentours annonçant leur libération ; Noyon est libéré par une partie du Combat Command B (5th AD) rejoint par la 28th Infantry Division, venant de Compiègne, qui poursuit vers Chauny et Saint-Quentin. Les blindés foncent vers Ham atteint à 8 heures 30 et contournent Saint-Quentin qui sera libéré dans la soirée par le 110th Infantry Regiment (28th ID).

Au sud de l'Oise, une partie du Combat Command A, avance depuis la vallée de l'Aisne devant les 8th et 12th Infantry Regiment (4th ID).

2 septembre 1944 - Les premiers soldats américains à Chauny (Photo J. Hallade)Samedi 2 septembre vers six heures, une voiture traverse Quierzy. Chacun se précipite à sa fenêtre s'attendant à voir arriver les libérateurs. Mais ce sont des officiers allemands qui prennent hâtivement la direction de Brétigny avant de rebrousser rapidement chemin. Ils sont bientôt suivi d'un, puis plusieurs chars. Soudain on distingue une étoile blanche sur le premier char. "Les Américains !" entend-on crier. Le char s'arrête au carrefour. Deux "retardataires" allemands, ayant passé la nuit caché non loin, se présentent pour se rendre. La population se risque à l'extérieur des maisons. Les enfants grimpent sur les blindés prendre les chewing-gums et le chocolat que leurs tendent les tankistes. Les cloches sonnent, Quierzy est libéré.

Le défilé des camions et des Jeeps s'accélère. Le 8th Infantry Regiment (4th ID) ayant franchi l'Aisne à Berneuil, en camion à 7 heures, suit les unités du Combat Command A (5th Armored Division) vers 8 heures, atteint La Fère à midi et traverse à 17 heures 45. Le 12th Infantry Regiment (4th ID), parti à 7 heures 30, atteint l'Oise vers Pontoise-les-Noyon - Varesnes vers 10 heures et traverse à 16 heures. La 4th Infantry Division établit son PC à Nampcel.

Pendant ce temps, l'avant garde du V Corps (22th Infantry Regiment et CCA), parvenue au nord de Guise, s'arrête en panne d'essence, mais au soir, le CCB atteint Condé-sur-l'Escault et l'opération de la Poche de Mons permet à la 1st US Army d'entrer en Belgique, de libérer Tournai et Mons à J+88. Il s'agit aussi d'une lourde défaite pour les allemands, la deuxième en importance après Falaise ; 25.000 prisonniers et 5.000 morts en trois jours, sur les lieux mêmes où les blindés allemands, après avoir percé le front à Sedan, avaient coupé les arrières des armées alliés en mai 1940, là où la retraite alliée avait commencée en 1914 ...

La joie est d'autant plus grande que personne ne s'attendait à une libération aussi rapide après les durs combats de Normandie ; La région est libérée en quelques jours, presque sans affrontement ni destructions, grâce aussi à l'action de la Résistance.

"Défilé de la Victoire" Chauny 3 septembre 1944 - Au second plan, le Groupe de QuierzyDimanche 3 septembre 1944, du nord de l'Oise, la 4th Infantry Division poursuit vers Wassigny, au nord du Département, pendant que la 28th Infantry Division, qui établit son PC à Marest, libère Saint-Quentin, avant de poursuivre le lendemain vers Laon. Le groupe de Quierzy participe au "défilé de la Victoire" à Chauny. C'est la première et la dernière fois que les hommes portent le brassard. Retour à Béthancourt pour un dernier repas et l'après-midi le groupe rentre à Quierzy, drapeau tricolore en tête. Les américains sont en train de reconstruire un pont sur l'Oise. Une cérémonie improvisée se tient au monument aux morts avec la population de Quierzy dont le concours a été sans faille durant ces longues années.

Lundi 4, malgré la pénurie de carburant, le V Corps se regroupe au nord-est de Laon pour aller franchir la Meuse vers Sedan.

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Sources et Bibliographie

L'AISNE DANS LA GUERRE 1939-1945 - Marie-Agnès PITOIS-DEHU - HORVATH

Les évènements de 1940 dans le département de l'Aisne - René Blaizot - Société Historique et Académique de Haute-Picardie

LA RANDONNEE DU 9e ZOUAVES - Lt-Col. TASSE - CHAIX

Pierre VASSELLE, Les combats de 1940, 18 mai - 9 juin, Haute-Somme et Santerre, Ligne de l’Avre et de l’Ailette, VIIme Armée Frère. 1er et 24me Corps. Imprimerie Carpentier Montdidier, 1970 

Les Grandes Unités Françaises - Historiques Succincts, Service Historique de l’Armée de Terre, 1967

JMO 87e DIA - SHAT Vincennes - côte 32N348

JMO 18e RTA - SHAT Vincennes - côte 34N275 

JMO Régiments régionaux de travailleurs et de protection 2e région militaire, 23ème à 29ème régiments régionaux de travailleurs - SHAT Vincennes - côte 34 N 356

LA FACE CACHEE DE 1940 - François DELPLA - F.X. DE GUIBERT

QUIERZY 1944 LA RESISTANCE : L'histoire du Groupe de Quierzy par ses membres 50 ans après

LA LIBERATION DE LA FRANCE - André KASPI - PERRIN

1944, LA POURSUITE ALLIEE - Ronald MACNAIR - HEIMDAL : Un des rares ouvrages sur la libértion du nord de la France

LA POCHE DE MONS - Yves BOURDON, Claude FAUCON, Maurice TOUBEAU, Henri HUET - QUORUM

US ARMY RECORDS ; 4th Inf. Div. ; 5th Arm. Div.; 28 th Inf. Div.

J'AVAIS 21 ANS EN 1944 - Jeannine COTIN - L'AISNE NOUVELLE


 

France 1940
Photos 1.Geb.Div. German Daily reports

Photos de la Libération de Chauny

normandie memoire.com debarquement-normandie.com
4e, 28e Infantry Division & 5e Armored Division Progression des unités US dans l'Aisne 27/8-4/9/44

DKW NZ 350

Cartes de la 2e GM Noyonnais 1944 Expo 44

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