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La 85e Division d'Infanterie d'Afrique sur l'Oise, juin 1940 |
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10 juin 1940, un mois jour pour jour après le déclenchement de l'attaque allemande à l'ouest, la 85e Division d'Infanterie d'Afrique, se replie sur la dernière ligne de défense devant Paris. Constituée notamment du 3e Régiment de Zouaves, des 11e et 19e Régiment de Tirailleurs Algériens, la 85e Division d'Infanterie d'Afrique est une unité de réservistes, mise sur pied à Alger en août 1939. Elle comprenait à l'origine, les 3e et 9e Zouaves et le 20e Tirailleurs Tunisiens et fait mouvement en septembre 1939 vers le sud-tunisien et la ligne fortifiée de Mareth, qui protège les possessions françaises d'Afrique du Nord contre la Libye, alors colonie italienne. En avril 1940, la division réorganisée est regroupée en Algérie (Guelma, Souk-Ahras, Mondovi) puis embarquée pour Marseille du 22 mai au 3 juin pour être dirigée à partir du 5 juin sur la région de Mantes, à l'ouest de Paris (Courgens, Guerville, Soindre, Tilly, Mulcent, Armenonville, Dammartin).
De la région de Mantes, la division est transportée sur Front de la Somme (Ligne Weygand), dans la région de Beauvais, à La Petite-Landelle, Le Vauroux, La Houssaye, Saint-Léger, Saint-Paul, Allonne, Marinsel, Pont-de-Bailleul. Elle occupe le 7 juin une position à peu près jalonnée par Auneuil, Saint-Léger-en-Braye, Rainvillers, Beaumont, Villers-sur-Thère, Grand-Bruneval, Montreuil-en-Thérain. Le 8, elle participe à la contre-attaque du 25e C.A., avec la 4e Division Cuirassée, la 241e Division Légère, au nord de Beauvais, objectifs : Saint-Omer-en-Chaussée, Blicourt et Rouge-Maison. L'opération échoue et la division se replie le lendemain sur l'Oise, de Meulan à L'Isle-Adam, secteur Ouest de la ligne Chauvineau, au centre de la ligne générale Basse Seine position de Paris Marne ; « Le 10 juin fut une journée dagonie. Le gouvernement devait quitter Paris le soir. Le recul du front saccélérait. LItalie déclarait la guerre. Désormais, lévidence de leffondrement simposait à tous les esprits » note le général de Gaulle dans ses Mémoires de Guerre.
Le 10 juin en fin de matinée, après le passage de la division, les ponts des voies ferrées dEpluches, de Conflans-Sainte-Honorine et de Pontoise sont détruits. A 15 heures, après la fin des mouvements des arrières gardes, les ponts dAuvers-sur-Oise, de Pontoise, de Cergy, de Triel et de Neuville-sur-Oise sautent à leur tour. En fin de journée, le dispositif de la division est le suivant : à gauche le 11e RTA, au centre le 3e Zouaves, à droite le 19e RTA avec en soutien le 8e RTT (Tirailleurs Tunisiens) de la 84e DIA. Le 11 juin, tandis que Weygand
prépare le regroupement des armées sur la ligne générale Caen Tours
Loire moyenne Dijon Dôle, "pour conserver le plus grand nombre
possible de grandes unités et couvrir le cur du pays", les allemands
franchissent la Basse Seine et prennent Reims. Le 12 juin, Weygand donne
lordre de retraite générale. Le dispositif comprend : à gauche la Xe Armée, au
centre le IIIe Groupe dArmées (Armée de Paris et VIIème Armée), à lEst le
IVème Groupe dArmée et le IIème Groupe dans la région fortifiée du Nord Est. Le
tracé du front est approximativement la ligne Le Havre Rouen Gisors
Senlis Château-Thierry Nord dEpernay Vouziers Montmédy
ligne Maginot. Le 13 juin, Paris est déclarée ville ouverte par Weygand.
Dans la nuit, les dernières unités se replient. La division arrive sur la ligne de l'Yvette en passant par Louveciennes, Versailles, Buc, Saint-Rémy. Les allemands entrent dans Paris le lendemain matin 14 juin 1940. Après la destruction des ponts du Pecq, les unités des 84e et 85e D.I.A. se trouvent mélangées aux réfugiés. Le 15, lorsque l'ennemi prend Rambouillet, c'est le repli sur l'Orge. Le soir, des éléments épars de la division sont à Dourdan, Les Granges-le-Roi, Blanche-Face, Saint-Chéron. Le 16, sans ravitaillement, sans liaisons, sans moyens de transport, les convois ayant été perdus, la division reporte sa ligne de retraite à Artenay, Patay, Beaugency (Loiret). Le franchissement de la Loire par les débris de la division fait constater la perte du 19e Tirailleurs, du 3e Zouaves, de la moitié du 11e Tirailleurs. Les dernières compagnies de ce dernier régiment seront enlevées au cours du repli vers Montrichard (Loir-et-Cher). Quelques détachements disparates se retrouveront, le 24 juin, sur la Dordogne. Sources et liens : La ligne Chauvineau - http://lignechauvineau.free.fr/ Historama n°10 - Les africains - http://perso.netpratique.fr/michel.martin47/armee_d_afrique/ France, 1940 - http://france1940.free.fr/oob/fr_oob.html Historique des Tirailleurs Algériens - http://perso.wanadoo.fr/bernard.venis/ Militaria Magazine - http://www.militariamag.com/ |